En 2012, l’Opéra Comique restaure son Grand Foyer

07 Décembre 2012

UN MECENAT EXCEPTIONNEL

Il y a trois ans, le World Monuments Fund Europe, filiale européenne de la principale organisation internationale privée agissant en faveur de la restauration des monuments dans le monde, a inscrit la restauration du Foyer dans ses projets prioritaires et réuni les deux tiers des fonds nécessaires à son financement .

Le World Monuments Fund Europe et ses partenaires (The Danny Kaye and Sylvia Fine Kaye Foundation, The Eveillard Family Charitable Trust, La Fondation de l’Orangerie et ses donateurs…) attachent un prix tout particulier à la qualité de la restauration qui, menés sous la direction de l’architecte en chef des monuments historiques, a été confiée aux meilleurs artisans sélectionnés pour ce chantier prestigieux. 

Le Ministère de la Culture et de la Communication, qui représente l’Etat, propriétaire du monument, complète le financement.

Sous la direction de Jérôme Deschamps, Directeur de l’Opéra Comique, et de Pierre-Antoine Gatier, Architecte en chef des Monuments historiques

Cette opération est financée par le mécénat du World Monuments Fund Europe

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Avec le soutien du Ministère de la Culture et de la Communication / Direction générale de la création artistique

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En dépit des restaurations ayant eu lieu au XXème siècle, le Grand Foyer était à nouveau très encrassé, en grande partie par le goudron et la nicotine des cigarettes. En 2012, une grande campagne de restauration financée par le World Monuments Fund et le Ministère de la Culture et de la Communication rend au Grand Foyer son éclat et son harmonie d’autrefois.

Le Grand Foyer restauré

Pour chaque registre décoratif – peintures, bustes et portes en marbre, bronzes dorés, lustres dorés, lambris et moulages en stuc, staff et carton-pierre, le processus de restauration a donné la primeur à l’analyse de l’encrassage et au choix de la solution le plus respectueuse des matériaux d’origine et du rendu des couleurs. L’ensemble du chantier s’est déroulé de façon à favoriser la concertation entre les intervenants dans le respect l’éclectisme harmonieux du lieu

Deux artistes aux techniques picturales bien distinctes réalisent les grandes toiles de lin peintes en atelier et posées ensuite selon la technique du marouflage.
Henri Gervex (1852 -1929) auteur des peintures qui surmontent les portes qui communiquent aux deux extrémités avec les deux rotondes. Le Ballet comique de la Reine (ballet de cour donné au Louvre en 1581, marquant la naissance de l’opéra français) et La Foire Saint-Laurent (où naît l’opéra-comique début XVIIIe)
Albert Maignan (1845-1908) auteur du reste des peintures, vaste poème épique qui montre à quelle sources originales puisent l’opéra-comique, les peintures du mur du fond, en un seul lé représentent deux scènes extraites des Noces de Jeannette (1853) de Victor Massé à gauche, et de Zampa (1831) de Ferdinand Hérold à droite. Au plafond, Les Notes et les Rythmes : les notes sont inscrites dans des cloches et composent une portée, les rythmes sont figurés par deux personnages à tambour de basque et castagnettes. Entre les fenêtres, le flûtiste joue un air du Chalet (1834) d’Adolphe Adam et le trompettiste a pour devise un air de La Dame blanche (1825) de François-Adrien Boieldieu.

Les portes du Grand Foyer, en marbre de Sarrancolin, étaient sévèrement encrassées. Leur restauration fait renaître l’opulence de leurs veines violettes. L’ensemble actuel de bustes est relativement disparate car ne relève pas de la volonté de Bernier, il s’est constitué au fur et à mesure. On y retrouve quelques-unes des figures du genre comme André-Modeste Grétry, Etienne-Nicolas Méhul, Fromental Halévy ou encore Claude Debussy, Ambroise Thomas et Edouard Lalo …
Au-dessus des frontons des portes menant aux deux rotondes latérales, les allégories en bronze doré de la Musique et du Chant sont signées Paul Gasq (1860-1944) et furent posées en 1905. Comme elles, les ornements des cinq portes, en motifs de feuilles d’acanthe et de laurier, ont été fondus et dorés par l’atelier Christofle et Cie.

Installés en 1900, les lustres en bronze réalisés par l’atelier Christofle participaient à la mise en scène de l’éclairage électrique dans ce théâtre alors très moderne. Salle et grands escaliers sont ainsi éclairés par des alignements harmonieux d’ampoules bien visibles, tandis que chaque lustre du Grand Foyer est orné de cent-seize ampoules.

Les lambris d’appui en acajou, ornés d’une frise dorée rehaussée d’un glacis coloré à l’huile, au motif de feuilles d’acanthe, constitue la partie du Grand Foyer la plus délicate à nettoyer. Quant au parquet du Grand Foyer, il s’agit d’un chêne en point de Hongrie retourné en tous sens qui sera restauré en 2013.

Moulages en stuc, staff et carton-pierre : ces moulages, réalisés dans des matériaux plus légers que la pierre mais au rendu similaire après peinture, permettent de décorer toutes les corniches ainsi que les deux extrémités du plafond, à la façon d’un camée. Les douze médaillons en stuc qui entourent la peinture de Maignan séparant le Grand Foyer de l’avant-foyer constituent un véritable panthéon, faisant reposer la prospérité de l’Opéra Comique sur les librettistes, les compositeurs et les chanteurs

Extrait de Paul Gautier Notice sur la décoration du foyer de l’Opéra Comique

« Le Grand Foyer du nouvel Opéra Comique de M. Bernier est d’une élégance sobre et ennemie des surcharges en son exquise distinction. Les ors et le marbre y laissent une large place aux peintures qui le décorent et lui donnent tout son charme ! »

Écoutez la présentation du foyer restauré par Pierre-Antoine Gatier et Agnès Terrier 

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