Rouge, Carmen

Rouge, Carmen

Spectacle musical

Spectacle musical en 11 tableaux d’après Carmen de Prosper Mérimée
Spectacle créé aux Nuits de Fourvière le 17 juillet 2008

Nouvelle incursion dans le thème éternellement théâtral du tourment amoureux et de ses ravages. Par une dernière entrevue avec celle qui demeure une énigme, Don José, conscience déchirée et seul personnage mobile du drame, tente de saisir la logique qui l’entraîne vers son geste irrémédiable. Depuis quand la mort guettait-elle ces amants que seule la postérité a rassemblés ?

Mise en scène et adaptation, Juliette Deschamps
Décors, Miquel Barceló et Juliette Deschamps
Lumières, Dominique Bruguière
Costumes, Macha Makeïeff

Carmen, Chloé Réjon
Don José, Bruno Blairet
Guitare et direction musicale, Antonio Moya
Chant flamenco, Tomas de Perrate

Coproduction, Les Nuits de Fourvière, Théâtre de Nîmes, La Scène du Crime
Spectacle créé aux Nuits de Fourvière le 17 juillet 2008

Présentation

Rouge Carmen, spectacle théâtral et musical flamenco de Juliette Deschamps, a été créé le 17 juillet 2008 au festival lyonnais Les Nuits de Fourvière. Il a été écrit et réalisé à partir de la nouvelle éponyme de Mérimée publiée en 1845, dans laquelle Don José, condamné à mort, raconte au voyageur français son histoire d’amour avec Carmen.

Don José fait le récit de cette tragédie sur le ton de la confidence et du témoignage. Voilà l’avertissement que lui donne Carmen après sa première visite : « Chien et loup ne font pas longtemps bon ménage. Peut-être que, si tu prenais la loi d’Égypte*, j’aimerais à devenir ta romi**. Mais ce sont des bêtises : cela ne se peut pas. Bah ! Mon garçon, crois-moi, tu en es quitte à bon compte. Tu as rencontré le diable, oui, le diable ; il n’est pas toujours noir, il ne t’a pas tordu le cou. Je suis habillée de laine, mais je ne suis pas mouton. Va mettre un cierge devant ta Majari*** ; elle l’a bien gagné. Allons, adieu encore une fois. Ne pense plus à Carmencita, ou elle te ferait épouser une veuve à jambe de bois. »

Juliette Deschamps extrait toute la substance dramatique du récit de Mérimée. Ainsi, elle définit Rouge Carmen comme « un spectacle sur la prédation et sur le mépris. À la séduction sulfureuse, irrésistible, savante, jeu dangereux réglé comme un braquage, succède l’abandon. […] Comme tant d’autres, Carmen traque Don José, lui chante la chanson, l’obtient, le blesse et le laisse là, sous nos yeux, à moitié dévoré. Parce qu’un beau jour, sans raison, elle ne l’aime plus. ».

La musique est une composante déterminante qui renforce la dimension introspective à la fois résignée et désespérée de l’œuvre de Mérimée : les musiciens de flamenco, d’origine gitane, sont de véritables acteurs et commentent à la manière d’un chœur antique les multiples péripéties et retournements dramatiques : ils sont « comme les frères vengeurs de Carmen, son origine, sa conscience. Ce qu’elle ne sait pas dire, eux le chantent. ».

Voici comment la metteuse en scène décrit cette dramaturgie au cours de laquelle Don José tente une ultime réconciliation : « Une dernière fois, il lui raconte leur histoire, une dernière fois, ils la rejouent : on interroge la rencontre, les fâcheries, les retrouvailles, les blessures, les malentendus, on se torture. Carmen, à la manière de Cassandre, l’avait lu dans les cartes et prédit : “Je sais bien que cela doit arriver ainsi ”, et de ce huis clos fatal, comme dans les tragédies où l’on se débat avec un destin joué d’avance, la mort est la seule issue. »

* Patrie supposée des Bohémiens /**Épouse officielle, en langue gitane /***Vierge Marie, en langue gitane

INFORMATIONS PRATIQUES

Lieu

Salle Favart

Tarif

48, 40, 29, 21, 12, 6 €

Renseignements

0 825 01 01 23 (0,15 € la minute)

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Le festival