5 choses à savoir sur Le Domino noir

19 Mars 2018

1. D’abord une question de définition 

Le mot « domino » revêt un nombre de définitions insoupçonné, dont la mise en scène de Christian Hecq et Valérie Lesort s’est amusée. Il peut désigner une robe que les prêtres portaient l’hiver, un costume qui consiste en une robe avec un capuchon, mais aussi un fruit issu d’un prunier et une espèce d’oiseau.
Pour en savoir plus sur toutes les définitions du domino, c’est ici.
 
2. Un inusable succès

Neuvième au box-office des pièces les plus jouées dans l’histoire du Comique, Le Domino noir fait partie des ouvrages qui ont eu le plus de succès au XIXe siècle, non seulement en France mais dans quantité d’autres pays. Signe de sa très large diffusion, il aura été traduit dans quatorze langues. À Paris dans sa salle de création, le théâtre des Nouveautés puis rue Favart, il totalise 1195 représentations jusqu’en 1911 (chiffre de Stéphane Wolff, tandis que d’autres auteurs vont jusqu’à 1200 représentations toutes salles confondues pour le seul XIX ème siècle). Ce qui est phénoménal.
Par ailleurs, la diffusion en province et à l’étranger sont considérables. À titre d’exemple, Tchaïkovski transforme l’œuvre en opéra italien, en lui composant des récitatifs, pour une représentation à bénéfice au Théâtre-Italien de Moscou donnée en 1870 !
Même s’il se fait plus rare, on retrouve toujours ici ou là au répertoire des plus grandes salles des pays francophones et anglophones (il a été monté à Londres en 1993)
 
3. Ensuite une affaire d’imitation

Dès sa création en 1837, l’intrigue et le titre du Domino noir ont été de nombreuses fois imités et copiés. On relève la création d’un Domino bleu, comédie-vaudeville de Boulé et Dutertre, au Théâtre du Panthéon, en mars 1838 ; un Domino blanc, vaudeville de Lubize et Delaporte, aux Folies-Dramatiques en avril 1838 ; un Domino jaune, vaudeville de Déaddé et Choller, au Théâtre Beaumarchais en avril 1846… Par ailleurs, il faut noter le vif succès remporté au carnaval de 1838 par le quadrille tiré du Domino noir par Philippe Musard, le grand ordonnateur des bals parisiens.

4. Auber-Scribe : une amitié solide, un couple fécond

Le Domino noir est la vingt-deuxième collaboration du compositeur Auber avec le librettiste Scribe ! La première rencontre entre les deux hommes a lieu en1823 quand l’auteur dramatique fournit au musicien Leicester ou le Château de Kenilworth d’après Walter Scott. Cet opéra-comique remporte un solide succès, prélude à une collaboration qui s’étendra sur quatre décennies et 37 ouvrages communs. Record absolu. Et de nombreux tubes qui continuent d’être joués aujourd’hui: Fra Diavolo en 1830, Le Cheval de bronze (1835), Haydée ou le Secret (1847), Marco Spada (1852), Manon Lescaut (1856, avant Massenet et Puccini)…
 
5. Des habitués de l'Opéra Comique 

Il est évidemment facile de souligner la place des artistes belges dans cette production (Anne Catherine-Gillet et Patrick Davin parmi les plus notables), on préférera ici parler d’une filière Deschamps-Mantei tant ce casting compte d’habitués de la salle Favart dans sa plus récente programmation. En plus du chef d’orchestre déjà nommé que l’on a vu dans Au Monde, Vanessa Sannino que l’on trouvait sur les costumes de Mârouf, savetier su Caire, Laurent Peduzzi, le scénographe sur les Boulingrin ou encore les Mousquetaires au couvent. Sans parler de Christian Hecq qui était avec Jérôme Deschamps sur le fil à la patte de Feydeau et l’on se gardera d’oublier les académiciens de l’Opéra Comique Antoinette Dennefeld et François Rougier.
 
 

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