Sur les ruines d'une prison, Persada cherche la vérité sur sa mère, « la femme qui chante », dont l'amour défia jadis le tyran Soliman.
Avec ce singspiel composé en 1780, le jeune Mozart fait entendre ses aspirations à la liberté et à la justice, prémices de L'Enlèvement au sérail. Raphaël Pichon et Pygmalion associent Zaïde à d'autres œuvres rares dans une fresque humaniste créée à Salzbourg en 2025.
Distribution
Conception musicale et scénique, direction musicale, Raphaël Pichon • Avec Sabine Devieilhe, Johannes Martin Kränzle, Xenia Puskarz Thomas, Hugo Brady, Matthew Swensen • Chœur et orchestre, Pygmalion
Voir toute la distributionUne jeune femme revient sur les ruines d’une ancienne prison. Elle s’appelle Persada et cherche la vérité sur l’histoire de sa mère, Zaïde, celle qu’on appelait jadis «la femme qui chante». Des silences du gardien des lieux, autrefois bourreau, remonte l’histoire de Zaïde et de Gomatz, leur amour dressé comme un dernier cri contre le tyran Soliman...
À son retour de Paris en 1780, le jeune Mozart retrouve à Salzbourg son emploi au service du prince-archevêque, mais rêve désormais d’être invité à Vienne par l’empereur. Il se lance alors dans l’écriture d’un singspiel (forme allemande de l’opéra-comique) pour exprimer ses aspirations à la liberté, à la justice et à l’amour. Situations et personnages annoncent le message humaniste de L’Enlèvement au sérail.
Pour l’édition 2025 du Festival de Salzbourg, Raphaël Pichon et Pygmalion ont associé Zaïde à d’autres œuvres aussi géniales que rarement jouées, pour créer une fresque humaniste. L’Opéra-Comique reprend ce spectacle dans de nouvelles dimensions, pour trois représentations exceptionnelles à la nuit tombante, dans le Hall Eiffel du lycée Carnot, dans le 17e arrondissement de Paris.
Extraits de Zaide, Davidde penitente, Thamos, König in Ägypten, et autres œuvres | Spectacle créé au Festival de Salzbourg le 17 août 2025
« Un être humain peut-il être heureux sans liberté ? »
« Pour toi, qui dominais la vie,
La mort n’était pas effrayante,
Et en vain il brandissait
Sa lance contre toi :
Car à travers le royaume de la douleur,
L’Espérance marchait à tes côtés,
Et son bouclier d’acier
Était suspendu au-dessus de ta tête. »
À la Joie (extrait, trad. Sophie Kidd), poème de Johann Peter Uz (1720–1796), que Wolfgang Amadeus Mozart mit en musique à l’âge de douze ans
Note du dramaturge Eddy Garaudel
La préparation de Zaide en 1780 constitua un tournant décisif dans la carrière de Mozart. Ce Singspiel, composé spontanément pour la cour viennoise du « despote éclairé » Joseph II puis laissé inachevé, brille par les thèmes humanistes qu’il explore. Pour la première fois, Mozart bâtit une véritable caisse de résonance musicale et dramaturgique pour ce qu’il considérait comme juste et bon : la lutte contre la tyrannie, la puissance de l’amour véritable et, surtout, la quête inaliénable de liberté. Même si Zaide s’appuie au départ sur les clichés du récit de « sauvetage » et sur les turqueries rococo de l’époque, l’œuvre les dépasse par la profondeur psychologique avec laquelle Mozart dépeint ses personnages et par l’intensité musicale rare du drame.
Après le premier départ de Mozart de Salzbourg en 1777, de profonds bouleversements avaient marqué sa vie : sa rencontre décisive avec son nouvel ami Haydn, ses découvertes de Munich et de l’orchestre de Mannheim, son amour déçu pour Aloysia Weber, sa désillusion parisienne et la mort tragique de sa mère. Mozart revint à Salzbourg et au service du prince-archevêque Colloredo le cœur lourd. Pourtant, il revint aussi dans sa ville natale profondément transformé. Les grandes œuvres vocales qu’il composa dès lors portaient l’esprit des Lumières ainsi que les mouvements philosophiques et esthétiques qui agitaient l’Europe. Zaide fut le point de départ de cette nouvelle esthétique, qui refusait les concessions au goût galant pour explorer au contraire la vérité de l’âme humaine. Comment ne pas voir un lien direct entre l’émancipation progressive de Mozart de ses tutelles (quitter Colloredo, quitter Salzbourg, quitter son père) et son épanouissement dans les chefs-d’œuvre dramatiques et sacrés à venir : Idomeneo (1780–1781), Die Entführung aus dem Serail (1781–1782), la Great Mass in C minor (1782–1783), et bien d’autres encore.
Qu’est-ce qui nous transforme ? Qu’est-ce qui nous rend meilleurs ? Telles étaient les questions débattues en Europe à l’époque des Lumières. Mozart, qui allait bientôt être admis dans la loge maçonnique viennoise « Zur Wohltätigkeit », se les appropria en proposant une vision de l’humanité qui, sans jamais cesser d’être traversée par le doute, permet à l’amour et au pardon de triompher.
Dans Libertà! Mozart & l’Opéra (2019), Pygmalion et Raphaël Pichon exploraient le laboratoire musical et dramaturgique qui précéda les trois grands chefs-d’œuvre de la trilogie Mozart/Da Ponte. Avec cette nouvelle création pour le Salzburg Festival, qui plonge dans les rarement interprétés Zaide et Davide penitente (fondé sur la Grande Messe en ut mineur), ainsi que dans d’autres joyaux de Mozart, ils composent une fresque humaniste où l’individuel et le collectif se répondent ; où le combat entre lumière et ombre se rejoue à chaque instant.
Eddy Garaudel
dramaturge du spectacle
Wolfgang Amadeus Mozart
- Adagio en do majeur, K. 356
- « Ah, lo previdi » – « Ah, t’invola », K. 272
- Extraits de Davide penitente, K. 469
- Extraits de Zaïde, K. 344 :
- Chœur « Brüder, lasst uns lustig sein »
- Air « Der stolze Löw’ »
- « Ruhe sanft »
- Duo « Meine Seele hüpft vor Freuden »
- Air « Ihr Mächtigen seht ungerührt »
- Trio « O, selige Wonne »
- Air « Tiger! Wetze nur die Klauen »
- Quatuor « Freundin, stille deine Tränen »
- Air « Trostlos schluchzet Philomele »
- Einsam bin ich, meine Liebe, K. Anh. 26
- « Misero ! O sogno – Aura, che intorno spiri », K. 431
- Extraits de Davide penitente, K. 469
- Adagio en do majeur, K. 356
Équipe artistique
Distribution
Co-production
Où se déroule le spectacle ?
Saison hors les murs : Zaïde ou le Chemin de lumière est accueillie au Lycée Carnot, Hall Eiffel, 145, boulevard Malesherbes 75017 Paris. Métros : Wagram ou Malesherbes (ligne 3). Voir le plan d'accès sur cette page.
À quelle heure commence le spectacle ?
Les représentations commencent à 21h les 9, 11 et 12 septembre 2026. Les portes ouvrent 45 minutes avant le début du spectacle.
Quelle est la durée du spectacle ?
Le spectacle dure 1h40, sans entracte.
Dans quelle langue est chanté le spectacle ?
Zaïde ou le Chemin de lumière est interprété en allemand et en italien, avec des surtitres en français et en anglais.
Y a-t-il une introduction au spectacle ?
Oui, une introduction est proposée par Agnès Terrier, dramaturge de l'Opéra-Comique, avant chaque représentation.
Peut-on arriver en retard ?
Par respect pour les artistes et le public, les retardataires ne peuvent être placés qu'à un moment approprié de la représentation.
Quels sont les tarifs pour ce spectacle ?
Les places sont proposées à 95 € en catégorie A et 70 € en catégorie B.
Existe-t-il des tarifs pour les moins de 35 ans ?
Oui, les moins de 35 ans bénéficient d'une offre dédiée. Plus d'informations sur la page Jeunes -35 ans.
Existe-t-il des tarifs réduits ?
Oui, des tarifs réduits sont proposés pour les jeunes, demandeurs d'emploi, bénéficiaires du RSA, personnes en situation de handicap, groupes scolaires et collectivités, dans la limite des places disponibles.
Comment réserver ses places ?
Les réservations peuvent se faire en ligne sur opera-comique.com, par téléphone au 01 70 23 01 31, ou au guichet de l'Opéra-Comique, place Boieldieu.
Y a-t-il un tarif spécifique pour les groupes ?
Oui, à partir de 10 personnes, les groupes bénéficient d'une réduction de 10 % sur Zaïde ou le Chemin de lumière. Contact : collectivites@opera-comique.com.
Comment se procurer le programme du spectacle ?
Des programmes sont proposés à la vente sur le lieu de représentation, avant le spectacle et à la fin. Vous pouvez également préacheter le programme en ligne.
Existe-t-il des contenus pour préparer sa venue ?
Oui, retrouvez sur le site de l'Opéra-Comique des entretiens, articles de contextualisation et podcasts autour du spectacle.
Le spectacle est-il accessible aux personnes à mobilité réduite ?
Le public sera installé sur des gradins dont les marches peuvent présenter des contraintes d'accès. N'hésitez pas à adapter vos choix de places en fonction de vos envies ou besoins. Pour toute question d'accessibilité ou pour bénéficier d'un placement adapté, contactez l'équipe accessibilité avant de réserver : accessibilite@opera-comique.com ou 01 70 23 01 44.
Comment contacter le service accessibilité ?
Le service accessibilité peut être joint par téléphone au 01 70 23 01 44 ou par email à accessibilite@opera-comique.com.