Histoire & patrimoine de l’Opéra-Comique

Depuis 1714, l’Opéra-Comique a connu une histoire traversée par les créations musicales et théâtrales, les transformations du goût, les changements de lieux, les incendies, les périodes fastes et les années plus difficiles. Cette histoire mouvementée est aussi une mémoire retrouvée, que nous partageons aujourd’hui à travers nos archives, notre chronologie, l’Opérathèque et les visites de la Salle Favart.

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Foire Saint-Germain, vers 1700, © BNF

La naissance d’un genre

Au début du XVIIIe siècle, deux grandes foires saisonnières animent Paris : la Foire Saint-Germain, rive gauche, et la Foire Saint-Laurent, rive droite. C’est dans ce contexte que l’opéra-comique prend forme. Le mot « comique » ne signifie pas que le rire est obligatoire : il désigne un spectacle où les morceaux chantés s’intègrent à du théâtre parlé. L’opéra-comique s’oppose ainsi à l’opéra, entièrement chanté.

Fondée par Catherine Vondrebeck en 1714, la troupe de l’Opéra-Comique acquiert un statut officiel sous Louis XV, en 1762. C'est à cette époque que le genre trouve sa forme canonique, notamment avec Charles-Simon et Justine Favart. Lui écrit des livrets, elle contribue à l’invention du costume et du jeu de scène. En 1780, leur nom est donné à la rue sur laquelle le nouveau théâtre est construit : c’est de là que vient le nom de salle Favart.

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Première Salle Favart © BNF

Une maison de création

L’Opéra-Comique est l’une des plus anciennes institutions théâtrales et musicales de France. Son histoire est liée à la naissance et à la circulation d’un répertoire qui s’exporte, se traduit et s’adapte sur les scènes d’Europe. Au fil des siècles, la maison voit naître plusieurs œuvres qui marquent l’histoire lyrique : La Fille du régiment de Donizetti, La Damnation de Faust de Berlioz, Carmen de Georges Bizet, Les Contes d’Hoffmann de Jacques Offenbach, Manon de Jules Massenet, Lakmé de Léo Delibes, Pelléas et Mélisande de Claude Debussy, L'Heure espagnole de Ravel et La Voix humaine de Poulenc.

Le répertoire de l’Opéra-Comique compte environ 3000 titres créés depuis 1715. Il porte une tradition de comédie en musique, attentive aux sociétés, aux conditions, aux âges de la vie, aux ambitions et aux sensibilités de chaque époque.

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Costume de Carmen © BNF

La salle Favart

Après l'incendie de 1887, l’Opéra-Comique est reconstruit sur le même terrain, offert en 1780 par le duc de Choiseul.

La troisième Salle Favart est inaugurée en 1898. Elle continue à tourner le dos aux boulevards qui, de frontière nord de Paris, sont entre-temps devenus une artère culturelle.

Choisi par un jury présidé par Charles Garnier, le projet de l'architecte Louis Bernier conjugue les dimensions et l’héritage du lieu, les savoir-faire décoratifs de la fin du XIXe siècle et les exigences techniques modernes : structure en fer puddlé (comme la Tour Eiffel) et usage inventif de l'électricité.

Rénovée en 2016, la salle Favart compte 1 200 places. De rouge et d’or, cette salle dite « à la française » est pensée pour une parfaite communication visuelle dans la salle et entre la scène et la salle. Son acoustique incomparable, qui a inspiré Debussy, Ravel, Poulenc et bien d'autres, demeure le cœur vivant de l’Opéra-Comique.

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Salle Favart - Opéra-Comique © Stefan Brion

Un décor classé

Le patrimoine de l’Opéra-Comique, c’est aussi la salle Favart, classée depuis 1977. Dans le vestibule, les statues de Carmen et Manon accueillent le public. Dans la salle, le plafond peint par Jean-Joseph Benjamin-Constant représente une Glorification de la musique, où l’on peut lire les noms de compositeurs liés à l’histoire de la maison.

La décoration du théâtre date de 1898. Elle associe peintures, sculptures, mosaïques, motifs végétaux et emblèmes de la comédie. Le foyer, restauré après plus d’un an de travaux sous la direction des Monuments historiques, témoigne de l’art français à la fin du XIXe siècle.

Les deux peintures signées Gervex évoquent la naissance de l'opéra français (avec une grande licence historique) et les origines foraines de l'opéra-comique (avec un certain réalisme). Le reste du foyer est peint par Maignan. Par ailleurs, les balustrades, ornements et lustres en bronze doré sont tous signés Christofle.

Une histoire marquée par les incendies

L’histoire de l’Opéra-Comique est aussi celle de ses reconstructions. La première salle Favart brûle en 1838. La deuxième est ravagée par les flammes le 25 mai 1887, pendant une représentation de Mignon d’Ambroise Thomas. L’événement marque durablement l’institution et conduit l’État à reconstruire la nouvelle salle.

À sa réouverture en 1898, la Salle Favart met en œuvre les plus récentes préconisations de sécurité : l’électricité remplace le gaz, le rideau de fer et le grand secours limitent les risques, et dans les escaliers en marbre, les marches de couleurs alternées permettent aux dames en robe longue d'évacuer plus facilement...

Des archives dispersées, une mémoire accessible

Au fil de ses 311 ans d’histoire, les archives de l’Opéra-Comique ont été dispersées. De nos jours, l’Opéra-Comique conserve ses archives courantes et intermédiaires, tandis que ses archives définitives sont versées aux Archives nationales. Cette mémoire, longtemps fragmentée entre collections publiques et fonds particuliers, a fait l’objet d’un travail d’identification et de mise en ligne.

Grâce au soutien de mécènes et du ministère de la Culture, des milliers d’images et de documents sont aujourd’hui consultables en ligne. Les archives numérisées sont accessibles sur Dezède, base consacrée à la chronologie des spectacles en France.

L’Opérathèque

L’Opérathèque de l’Opéra-Comique permet de retrouver les informations sur les opéras des dernières saisons, les chefs et cheffes d’orchestre, les metteurs et metteuses en scène, les distributions et les équipes de production. Elle prolonge le travail de mémoire du théâtre en rendant les productions plus faciles à consulter.

Visiter l’Opéra-Comique

Avez-vous déjà poussé les portes de l’Opéra-Comique ?

La salle Favart se visite aussi en dehors des spectacles. Visites guidées, visites chantées, visites en famille ou visites accessibles permettent de découvrir l’histoire du théâtre, son architecture, ses décors et les espaces qui composent ce lieu.

En attendant de venir, une visite filmée, une visite virtuelle et des guides permettent d’explorer le théâtre à distance, en images, en texte ou en langue des signes.

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À chacun sa visite : en images, texte et langue des signes

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Visites guidées, chantées, en famille ou visites accessibles (tactiles, lecture labiale, facile à comprendre…), l’Opéra-Comique vous dévoile tous ses secrets !

 

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