Sancho Pança Gouverneur dans l'Isle de Barataria

Sancho Pança Gouverneur dans l'Isle de Barataria

François-André Danican Philidor

OPÉRA BOUFFON de François-André Danican Philidor
Livret d’Antoine-Alexandre-Henri Poinsinet d’après Cervantès, 1762.

Direction musicale, Hugo Reyne

Sancho Pança, Paul-Alexandre Dubois
Thérèse, Isabelle Druet
Lope Tocho/Le Docteur, Vincent Bouchot
Juliette/Une bergère, Dorothée Leclair Camille Poul
Don Crispinos/Torillos/Le Fermier, Jeffrey Thompson

La Simphonie du Marais

Argument

Sancho Pança est libéré de son maître Don Quichotte et se croit Gouverneur de l'Ile de Barataria. Cette fonction imaginaire lui monte à la tête. Il en oublie la réalité et son état de simple palefrenier.

La femme de Sancho, Thérèse, et Lope Tocho, l'amoureux de leur fille Sancha, arrivent de leur village, la première avertie que Sancho veut la tromper avec Juliette, une insulaire, et le second pour obtenir le consentement de Sancho à son mariage. Sancho refuse de donner sa fille à Lope Tocho car il veut qu'elle épouse un aristocrate.

Sancho Pança voudrait dîner mais Torillos, son domestique, l'avertit que les habitants de l'île viennent voir leur nouveau gouverneur et qu'il doit les recevoir. Chacun lui expose ses doléances et ses souhaits au point que Sancho est exaspéré. Puis Juliette arrive et Sancho est livré à la jalousie de sa femme Thérèse. Mais voilà Don Crispinos, l'amant de Juliette. Averti par Thérèse de l'infidélité de sa maîtresse, il vient en demander raison à Sancho.

Après ces émotions, Sancho se met à table. Aussitôt Torillos, accouru à son secours avec un médecin, lui annonce que les gardes ont arrêté une bergère et un fermier qui se disputaient. Sancho va devoir juger leur affaire. Toujours affamé, il apprend que l'île va être attaquée et que les Enchanteurs, ennemis de Don Quichotte, veulent s’emparer de lui. Sancho renonce à son gouvernement, retourne à sa métairie avec Thérèse et consent à marier sa fille à Lope Tocho.

Biographies

ANTOINE-ALEXANDRE-HENRI POINSINET (1735-1769)

Poinsinet est un auteur de la Comédie Italienne dont la carrière est encore mal connue, probablement en raison de sa mort précoce. Parmi sa vingtaine de livrets, les plus réussis sont mis en musique par Philidor qui remporte avec lui ses plus grands succès, notamment avec Sancho Pança (1763), Le Sorcier (1764), Tom Jones (1765) ou encore la tragédie lyrique Ernelinde, princesse de Norvège, créée à l’Académie royale de musique en 1767. Inspiré de Cervantès, le premier de ces titres reprend une figure familière au public des Lumières. En effet, de 1712 à 1778, Sancho Pança gouverneur inspire plus de dix comédies. Mais en 1763, alors que la Comédie Italienne accueille depuis une saison les activités de l’Opéra Comique dans la prestigieuse salle de l’Hôtel de Bourgogne, on reproche à Poinsinet d’être resté fidèle à l’esprit bouffe de l’ancien répertoire des forains, que l’on cherche alors à dépasser : sous sa plume, Sancho fait trop figure d’Arlequin. Déçus par un comique traité sans visée morale, les philosophes critiquent l’œuvre : comment une telle intrigue peut-elle économiser toute réflexion politique ?

 

FRANÇOIS-ANDRÉ DANICAN PHILIDOR (1726-1795)

Né quinze ans avant Grétry, Philidor appartient à une famille d’artistes au service des institutions musicales du royaume depuis plusieurs générations. Élève de Campra puis formé en autodidacte au cours de ses voyages, entre autres auprès de Handel à Londres, Philidor s’impose peu après la querelle des Bouffons avec Blaise le Savetier, créé à la Foire Saint-Germain en 1759. Sa production d’une vingtaine d’opéras-comiques est remarquable pour son inventivité harmonique et orchestrale, dans un genre dont les partitions reposent encore principalement sur la séduction mélodique. Philidor possède une habileté technique exceptionnelle dans son art, à rapprocher de son autre passion qui forgera sa réputation en Europe et pour la postérité : les échecs qu’il pratique en professionnel et qui deviennent une science grâce à son essai L’Analyse du jeu des échecs, publié en 1749. Tirant profit de chaque situation théâtrale pour développer des formes musicales audacieuses et un langage novateur, Philidor contribue, avant même l’arrivé de Grétry à Paris, à faire de l’opéra-comique un genre à part entière, capable de rivaliser avec l’opéra. Il est aussi l’un des premiers compositeurs français à avoir su transcender les genres nationaux.

Présentation

C’est en 1762 que l’Opéra Comique quitte la vie animée de la Foire pour s’établir dans le vénérable Hôtel de Bourgogne où sa troupe fusionne avec celle de la Comédie Italienne. Son répertoire et ses premières créations gardent néanmoins leur saveur populaire et volontiers burlesque, à l’image de cet opéra bouffon où la musique pittoresque de Philidor, aussi connu alors comme musicien que comme champion d’échecs, répond au dialogue cocasse de Poinsinet pour camper un Sancho Pança encore très inspiré d’Arlequin.

 

INFORMATIONS PRATIQUES

Lieu

Salle Favart

Tarif

30, 24, 19, 14, 10, 6 €

Renseignements

0 825 01 01 23 (0,15 € la minute)

Réserver     fb     tw