Garde-meuble lyrique

Garde-meuble lyrique

Pour ne pas se quitter

Dix fidèles spectateurs s’engagent à garder le mobilier emblématique de l’Opéra Comique pendant la fermeture. Fauteuil d’orchestre, brigadier, servante et autres accessoires se retrouveront ainsi en pension pendant 18 mois : l’occasion de rendre régulièrement visite aux dix gardiens, de se remémorer nos émotions lyriques et de fabriquer, au fil du temps, un véritable album de famille en vidéos que tout le monde pourra regarder sur le site internet du théâtre.

Présentation

Le Garde Meuble Lyrique, de quoi s’agit-il ?
À l’heure d’une fermeture momentanée et alors qu'il faut laisser la place complètement vide, cette opération est une façon de ne pas se quitter : nous invitons nos spectateurs à conserver chez vous certains de nos objets les plus emblématiques, jusqu’à la réouverture de l’Opéra Comique ; et à leur donner  vie avec vos souvenirs, vos anecdotes, ce qu'ils vous évoquent.
Le lancement de l'opération s'est déroulé jeudi 8 octobre 2015 dans les locaux temporaires de l'Opéra Comique et a marqué la transhumance des objets vers leurs nouveaux lieux de pension.
Dix hébergeurs au nom de tous les autres ont donc été choisis pour participer à l’aventure et être filmés pour fabriquer avec cette matière un mur d’images des fidèles de Favart, et faire durer l’histoire après les gravats et les échafaudages…
Ils nous donneront de leurs nouvelles bientôt !

Découvrir leurs aventures

 

Les 10 participants

Blandine accueille la chaise bleue à lys jaunes
« Conserver un objet de ce Théâtre qui m’a procuré tant de plaisirs me permettra de ne pas me sentir totalement orpheline.
Cela me donne par ailleurs l’occasion de dire un immense merci à tous, à la direction pour ses choix et pour nous avoir permis d’entendre des œuvres qui étaient passées à la trappe, et au personnel qui, à tous les niveaux, a toujours le sourire, est toujours prêt à aider. Cette idée de prolonger la vie du Théâtre auprès des spectateurs pendant les travaux est géniale, c’est un peu comme si nous y participions. Je suis ravie de garder la chaise fleurs de lys qui va bientôt entamer sa vie hors les murs… Bravo pour toutes les initiatives dont nous avons entendu parler, toutes ces surprises qui nous tiennent en haleine. Encore merci » 

Aurélia & Benjamin accueillent la chaise zébrée du salon d’essayage
« L'Opéra Comique a marqué ma vie culturelle et personnelle. Tout d'abord, et de manière peu poétique, cette histoire est née lorsque arrivant à Paris jeune étudiante, seul votre établissement offrait des spectacles d'exception payable en menue monnaie...  Ensuite, à 26 ans, une rencontre, une envie de plaire et de faire plaisir m’a conduit à partager avec l'intéressé cette passion. J'ai encore à l'esprit le souvenir de surveiller au cours du spectacle les rictus de son visage marquant une interrogation perplexe et sincère sur les clés de lecture de la scène. Presque deux ans plus tard, nous partageons toujours ce même intérêt, et une intimité née dans la pénombre et le velours cramoisi de cette salle d'Opéra. Aujourd'hui, notre ambition est de meubler un appartement vide et sentant encore la peinture fraîche. Nos travaux sont achevés, les vôtres commencent l'opportunité est trop belle ! Avoir le soin de vos objets pendant 18 mois quelle belle mission! Les meubles ont tous une histoire, mais dans cette expérience l'Histoire nous précède et nous survivra en faisant vivre ce grand Opéra pour l'avenir. »

Martine accueille la chaise provenant de Mignon 
« Je suis une fidèle groupie de l’Opéra Comique : j’y viens depuis de nombreuses années avec mon mari et nous invitons à tour de rôle nos enfants et leurs conjoints afin d’en faire, chaque fois, une sortie familiale. L’idée de ce Garde Meuble m’a d’emblée séduite : la chaise que je m’apprête à conserver chez moi me rappellera les grands moments de bonheur et d’émotion des magnifiques spectacles de ces dernières années. »

Sylvain accueille l’affiche des années 50
« Je suis venu pour la première fois en 2013 et depuis, j'affectionne de plus en plus l’Opéra Comique. Mais pas comme un simple spectateur : étant musicien à haute dose, artisan d'art, et très attaché au XIXème siècle, ce lieu m'est d'un doux réconfort. L'esprit du lieu me plait parfaitement. Je suis honoré de recevoir chez moi un objet du lieu, rempli de son esprit. Mon habitation est, bien qu'étroite, fort agréable, aérée, lumineuse, propre, sans vis-à-vis et avec vue sur la Tour Eiffel (la pointe). Tout à fait apte à accueillir un morceau d'histoire de la salle Favart. »

Daniel et Alexandra accueillent la valise provenant de Mignon 
« Jeune couple de trentenaires, particulièrement friand des mises en scène de Benjamin Lazar. Nous aimons l’Opéra Comique, un lieu où le charme et l’émotion sont toujours au rendez-vous, et qui nous est devenu intime. Conserver cette petite valise est une façon de lui donner vie, de recréer chez nous, un peu  de l’atmosphère de l'Opéra Comique, le temps que les travaux se terminent. »

Claude accueille le lot d’accessoires bigarrés provenant de Zampa
« Le principe même de cette opération me séduit : c’est une belle manière de garder le lien ! Je suis un fidèle pratiquant et défenseur de l’Opéra Comique, j’adore l’ambiance et le fonctionnement amical de cette maison. Mélomane et musicien amateur, j’ai découvert le monde de l’opéra dans les années 75. Avant je n’y connaissais rien ! C’est à cette époque que j’ai commencé à venir à l’Opéra Comique qui  était encore rattaché à l’Opéra de Paris. Je m’y rends aujourd’hui avec des « compagnons de route » que je retrouve aussi dans d’autres salles de spectacle. »

Elisabeth héberge le pouf provenant de l’Amant Jaloux
« Nous avons la chance d'appartenir à des familles où l'on pratique la musique depuis des générations. Nos filles ont participé à plusieurs  comédies musicales "détournant" des airs de toutes provenances, en particulier de grands classiques de l'Opéra Comique. Mes parents m'ont initiée très jeune (au Capitole de Toulouse) à l'Opéra Comique, tradition que nous avons reprise avec nos filles à Paris et à Favart, qui est à deux pas de chez nous. Nous y sommes souvent allés avant et pendant l'ère Savary, puis nous sommes abonnés à tous les spectacles à l'arrivée de Jérôme Deschamps, dont nous avons beaucoup apprécié la démarche artistique souvent courageuse (Manfred, les créations contemporaines), toujours éclairée (Chabrier, Campra, Prokofiev, Poulenc, les magnifiques spectacles dirigés par Gardiner, les coproductions) et la joie qu'il a suscitée dans ce théâtre. L'intimité de la salle, pourtant vaste, permet aux chanteurs de s'attacher à l'intelligibilité du texte, ce qui va de pair avec la très belle idée de faire renaître une école de chant français. Mon projet est de faire connaître ce monde enchanté à d'autres enfants que les miens. »

Simone héberge le fauteuil d’Orchestre
« Je suis le professeur d'Education musicale de 420 élèves au Collège  Georges Rouault  dans le 19ème arrondissement de Paris. Pour mes élèves, je pense qu'il sera instructif de voir en vrai ce fauteuil d’orchestre ; ils en apprendront l'Histoire et peut-être s'en empareraient-ils littérairement pour une histoire racontée. Cela poursuivra par ailleurs le lien tissé avec l'Opéra-Comique depuis un certain nombre d'années (six ou sept, si je ne me trompe pas) pendant cette longue période en suspension. Je pourrais ainsi maintenir l'attente des élèves de 5e, 4e et 3e pour les futurs spectacles merveilleux auxquels ils ont déjà été conviés et préparer les 6e pour la réouverture de 2017. » 

Isabelle héberge la servante
« L’Opéra Comique est une institution dont j’apprécie beaucoup l’état d’esprit : son excellence mêlée à sa gaîté. La "servante" de la salle Favart qui s'impose aux regards dans mon entrée me donne l'occasion d'évoquer l'Opéra Comique avec tous mes invités et de leur donner l'envie de nous rejoindre. »

Frédérique héberge le pupitre
« Vous m'avez demandé de vous faire part de mes intentions. Eh bien, sachez qu'elles sont pures !J'adore recevoir, j'adore chanter et je suis très attachée à l'Opéra Comique. En tant que Castafiore de la rue Saint Fiacre et du Centre Scolaire Sportif Beauregard (c’est ainsi que les enfants me surnomment), je suis ravie que le pupitre me demande l’hospitalité. Ce sera ainsi les mannes des chanteurs, des artistes de la Salle Favart qui viendront eux aussi m'encourager à mieux faire, participer et ajouter au bonheur de chanter. »

Découvrir le mur de vidéos

La soirée de lancement

C’est un jeudi d’octobre dans les nouveaux et provisoires locaux de l’Opéra Comique, rue du Sentier, au rez-de-chaussée de l’immeuble.
Il fait nuit. La salle donne de plain-pied sur le trottoir et les baies vitrées laissent voir depuis la chaussée ce qui se passe à l’intérieur. 
Ce sont les chaises qui font leur effet, il n’y en a pas deux pareilles, et puis ce beau piano droit, noir laqué.
Les passants ne peuvent se douter que parmi les gens qui attendent, il y a des abonnés de longue date, des néophytes tout juste débarqués dans la passion du lyrique français, des très jeunes et des moins jeunes, des journalistes, des étudiants de l’Ecole Estienne - nous y reviendrons - et Olivier Mantei, nouveau directeur de l’Opéra Comique accompagné de quelques-uns de ses collaborateurs.
Au total, une cinquantaine de personnes entourées d’objets bizarres, en plus des chaises et du piano, un désordre de tous les diables et une drôle de lumière criarde pour habiller le tout.
C’est la première fois depuis le début des travaux à Favart que le Théâtre convie le public à lui rendre visite, en lançant cette opération dite du « garde-meuble lyrique ».
Moment d’échange chaleureux, passage de témoin symbolique généreux, chacun y a été de son anecdote. On s’est présenté, raconté, on s’est expliqué aussi sur le sens de la démarche réciproque. 
Et qu’importe le niveau de fortune, le nombre de mètres carrés ou les connaissances musicales : on a ri, on s'est documenté sur l’objet en partance que l’on a emmailloté avec soin avant de l’emporter.
Et finalement on s’est parlé de la même chose sous le regard et les micros de la presse : l’amour d’un répertoire et d’un lieu, la liberté d’une parole entre égaux, entre les professionnels et les amateurs, les vrais mélomanes et les à peine initiés. Un moment étrange. Hors d’âge. Hors sol.
Et l’Ecole Estienne ? Ah oui Estienne ! Une poignée d'étudiants en deuxième année du Diplôme de Métier d'Art "Cinéma d'Animation" a accepté de poster sur chaque objet le timbre de leur imaginaire.
Sur le mur d’images qui se constituera sur notre site internet, il y aura donc en plus des vidéos-témoignages de nos gardiens, une animation réalisée par ces étudiants autour des histoires qu’ils ont imaginées pour chacun des objets.
Alors la salle s’est vidée et les dix bienveillants gardiens sont partis dans la nuit avec leurs meubles sous le bras, dans la perspective de leur trouver une place de choix chez eux.

INFORMATIONS PRATIQUES

Renseignements

Le garde-meuble lyrique est une aventure qui s'étalera tout au long de la fermeture

Réserver     fb     tw