Phia Ménard

©Tristan Jeanne-Valès
©Tristan Jeanne-Valès

METTEUSE EN SCÈNE

Née en 1971

C’est en découvrant le spectacle « Extraballe » de Jérôme Thomas en 1991 que naît chez Phia Ménard le désir de se former aux arts et en particulier à la jonglerie.  Elle suit des formations en danse contemporaine, en mime et en jeu d’acteur et bien sûr en jonglerie. Dès 1994, elle étudie auprès du maître Jérôme Thomas, les techniques de jonglerie et de composition, puis intègre la compagnie comme interprète pour la création « Hic Hoc ». C’est en parcourant les continents avec cette équipe qu’elle nourrit dans les rencontres son désir d’écrire et aiguise son regard sur les formes contemporaines de l’art. Artiste, improvisatrice, elle est créatrice dans plusieurs spectacles de la compagnie jusqu’en 2003 : « Le socle », « le Banquet », « Hioc », « 4, qu’on en finisse une bonne fois pour toutes… ». Parallèlement en 1997, elle suit les enseignements de « la pratique du danseur » et interprète deux pièces courtes des chorégraphes Hervé Diasnas et Valérie Lamielle.

Elle fonde la Compagnie Non Nova en 1998 et crée « Le Grain ». C’est avec le solo « Ascenseur, fantasmagorie pour élever les gens et les fardeaux », créé en 2001, qu’elle se fera connaître comme autrice. Soutenue pour sa démarche singulière, elle est invitée comme « artiste associée » pour trois saisons à la scène nationale Le Carré à Château-Gontier. Elle y développe avec son équipe et celle de la scène nationale, un travail scénique où l’image spectaculaire de la jonglerie est remise en cause au bénéfice d’une nouvelle relation avec le public. Naissent ainsi plusieurs créations et évènements : « Zapptime, rêve éveillé d’un zappeur », la conférence spectacle « Jongleur pas confondre » avec le sociologue Jean-Michel Guy, « Fresque et Sketches 2nd round », et les « Hors Pistes » : « Est-il vraiment sérieux de jongler ? », « Ursulines Dance Floor », « Ursulines Mushroom Power ». En 2005 et 2007, elle développe un travail autour de la notion « d’injonglabilité » et crée deux pièces, « Zapptime#Remix » et « Doggy Bag » et deux formes cabaret, « Jules for ever » et « Touch It » avec le sextet « Frasques ».

C’est en 2008, que Phia Ménard dévoile sa nouvelle identité et sa volonté de changer de sexe.
Son parcours artistique assume alors une nouvelle direction dans le projet « I.C.E. » pour Injonglabilité Complémentaire des Eléments, ayant pour objet l’étude des imaginaires de la transformation et de l’érosion au travers de matériaux naturels.
En janvier 2008, elle crée le spectacle « P.P.P. » aux Nouvelles Subsistances de Lyon, pièce du coming-out et première du cycle des « Pièces de Glace ». En octobre de la même année, création de la performance « L’après-midi d’un foehn Version 1 », première des « Pièces du Vent » au Muséum d’Histoire Naturelle de Nantes.
Elle collabore au projet « Coyote Pizza » du collectif La Valise en réalisant la performance « Iceman ».

En 2010, à l’invitation du Festival d’Avignon et de la SACD pour les « Sujets à Vif », elle crée avec le poète sonore Anne-James Chaton la performance « Black Monodie », second opus des « Pièces de Glace ».

En octobre 2011, elle crée deux nouvelles  Pièces du Vent : « L’après-midi d’un foehn » et « VORTEX .
Elle a initié au CIFAS à Bruxelles (Centre International de Formation en Arts de la Scène), avec le philosophe Paul B. Preciado : « In the Mood », un travail sur les questions de Genre et les Humeurs.

En janvier 2014, elle est promue au grade de Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres par Madame la Ministre de la Culture et de la Communication, Aurélie Filippetti.
Elle devient artiste associée à l’Espace Malraux Scène Nationale de Chambéry et de la Savoie.

En 2015, elle devient artiste associée au Théâtre Nouvelle Génération – Centre Dramatique National de Lyon et artiste-compagnon au centre chorégraphique national de Caen en Normandie pour les années 2016, 2017 et 2018.
Elle crée en Juin 2015 « Belle d’Hier » au Festival Montpellier Danse 2015 à l’Opéra Comédie, première pièce des « Pièces de l’Eau et de la Vapeur ».

En 2016, elle commence les recherches sur « Les Os Noirs » (création 2017), « Saison Sèche » (création 2018), et « Contes immoraux », une commande de la documenta 14.

En 2017, elle crée « Contes Immoraux – Partie 1 : Maison Mère » à la documenta 14 à Kassel (juillet), et « Les Os Noirs » à l’Espace Malraux, scène nationale de Chambéry et de la Savoie (septembre). Elle poursuit les recherches sur « Saison Sèche » (création 2018) et travaille sur la création de « Et in Arcadia Ego » pour l’Opéra-Comique de Paris avec Christophe Rousset, fondateur de l’ensemble musical baroque « Les talens Lyriques », et l’écrivain Eric Reinhardt pour l’écriture du livret (création février 2018).