Biographie d'Olivier Mantei

Olivier Mantei © Stefan Brion

Olivier Mantei est né à Nantes en 1965.

Après deux années de classes préparatoires et un DEA de lettres modernes à la Sorbonne, il intègre L’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) pour y poursuivre un Doctorat de musicologie. Ses recherches portent sur la figure du compositeur et la place de la création contemporaine dans le paysage culturel français.

Il part ensuite enseigner la musique deux ans à Casablanca dans le cadre de la coopération militaire.

De retour à Paris en 1993, il rencontre Laurence Equilbey qui lui demande de développer le chœur de chambre accentus qu’elle vient de créer. Il en devient l’administrateur.  Pendant 10 ans, ils vont professionnaliser la structure et en faire une référence dans le domaine musical.

Dans la foulée, Olivier Mantei ouvre un studio de répétitions et d’enregistrements dans le Xème arrondissement de Paris. En 1998, il fonde son agence de production, Instant Pluriel, avec laquelle notamment il lance la saison musicale des Bouffes du Nord et structure La Chambre Philharmonique, l’orchestre symphonique dirigé par Emmanuel Krivine. Il en produit le premier concert.

La plupart des associations dans le secteur de la musique classique n’ont alors pas les moyens d’avoir les bases juridiques et comptables nécessaires aux entreprises, fussent-elles culturelles. En réponse, Instant Pluriel crée « une administration permanente intermittente », chaque compagnie ne payant que le temps « réel » de la prestation. Le concept est novateur, il fera son chemin. Dans le même ordre, il fonde et préside la FEVIS (Fédération des Ensembles Vocaux et Instrumentaux Spécialisés), premier groupement d’employeurs d’intermittents du spectacle dans le domaine du classique. Il s’agit d’abord de défendre la spécificité des structures et des artistes voués aux répertoires anciens, vocaux et contemporains. La FEVIS est devenue une organisation professionnelle reconnue, regroupant 118 ensembles dans toute la France, actuellement présidée par Jacques Toubon.

Administrateur, producteur, Olivier Mantei devient également agent d’artistes. Parmi ceux-ci, il accompagne entre autres Alain Planès, Sonia Wieder-Atherton, David Grimal, Marc Coppey, ou Vanessa Wagner. Il garde de son travail à l’EHESS, un goût pour les compositeurs et noue une complicité avec Pascal Dusapin, Alexandre Desplat, Philippe Manoury ou Franck Krawczyk.

C’est pendant ces dix années de producteur indépendant qu’il élabore un certain nombre de projets avec Laurent Bayle, alors directeur de la Cité de la Musique, comme la biennale d’Art vocal ou le cycle de concert consacrés au festival américain de Marlboro.

En 2000, à l’initiative de Stéphane Lissner alors codirecteur des Bouffes du Nord, Olivier Mantei rencontre Peter Brook qui lui propose d’administrer le Théâtre et sa compagnie. Il quittera ses fonctions aux Bouffes en 2006 et n’y reviendra qu’en 2010 avec un autre Olivier, Olivier Poubelle, mus par la ferme ambition de faire vivre le théâtre musical et produire de jeunes metteurs en scène talentueux tels que Jeanne Candel et Samuel Achache, Guillaume Vincent, ou Jean-Christophe Meurisse et ses Chiens de Navarre.

La raison de ce départ tient à l’invitation amicale de Jérôme Deschamps à participer à la compétition pour la direction de l’Opéra Comique. Pour Olivier Mantei, l’année 2005 marque donc le début de son aventure avec le théâtre de la rue Favart redevenu national. S’il reste salarié aux Bouffes du Nord la journée, il étoffe le dossier de candidature de Jérôme Deschamps la nuit et les week-ends. Que faire de la salle Favart ? Plusieurs voix s’étaient élevées, dont celle de Maryvonne de Saint Pulgent, la présidente de l’Etablissement National, pour réclamer un retour à sa mission originelle : faire vivre le genre presque trois fois centenaire, accueillir les ouvrages baroques et puiser dans l’immense répertoire de l’Opéra Comique. Tandis que l’institution cherche un nouveau souffle, les deux compères vont proposer une entreprise de rénovation de l’identité de la maison, à la fois en élaborant une ligne directrice axée sur le répertoire et la création, mais aussi en projetant de remettre le bâtiment en situation d’accueillir musiciens et chanteurs dans des conditions dignes d’une maison d’opéra. Jérôme Deschamps est choisi. Olivier Mantei arrive dans ses bagages et en devient l’adjoint en 2007.

Le projet associe les chefs William Christie, John Eliot Gardiner, Louis Langrée, Alain Altinoglu que l’on retrouvera dans les diverses productions au fil des ans. Les compositeurs Pascal Dusapin, Georges Aperghis, Marco Stroppa, Peter Eötvös, George Benjamin écrivent pour l’Opéra Comique. Le public répond très vite présent. Mieux, il reste fidèle tout au long des huit ans de l’ère Deschamps.

En 2014, à la demande de Pierre Lescure, Olivier Mantei participe à la programmation de l’Auditorium de la future Cité musicale de l'Île Seguin. Nouvelle compétition et nouveaux enjeux. Avec le groupement Bouygues, TF1 et Sodexo, l’ancien dirigeant de Canal+ et le toujours directeur adjoint de l’Opéra Comique réfléchissent au projet artistique de la future grande scène de l’ouest-parisien. Dans le secteur du spectacle, le marché proposé par le Conseil Général des Hauts-de-Seine constitue le premier partenariat Public-Privé (PPP), ce qui rajoute du piment à l’exercice. Le consortium gagne le concours. De cette expérience, Olivier Mantei sortira avec des idées nouvelles sur la manière de combiner exigences de service public et logiques commerciales. Début 2014, il publie « Public/Privé» chez Archimbaud qui tente de rassembler toutes ces expériences et en tirer des leçons pour l’avenir.

En avril 2014, Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication nomme Olivier Mantei au poste de directeur délégué de l’Opéra Comique jusqu’au 27 juin 2015. Le mercredi 24 juin 2015, sur proposition de Fleur Pellerin, ministre de la Culture et de la Communication, le Président de la République nomme Olivier Mantei directeur du Théâtre national de l’Opéra Comique. Le communiqué du ministère explique : « Particulièrement engagé dans le renouvellement des formes,  Olivier Mantei veillera à ce que le théâtre lyrique associe étroitement les metteurs en scène et les créateurs d’aujourd’hui, afin d’en faire un art du présent. »

En devenant directeur du Théâtre National de l’Opéra Comique, Olivier Mantei abandonne son mandat de direction du CICT/ Bouffes du Nord, la société qui gère le théâtre. Il en reste néanmoins le copropriétaire avec Olivier Poubelle.

Olivier Mantei est chevalier de l’Ordre National du mérite et Officier des Arts et Lettres. Il préside bénévolement l’association des Heures Musicales de Lessay.

07 novembre 2016