La guerre des théâtres

Présentation

A partir de l’un des succès de Louis Fuzelier, La Matrone d’Éphèse – ou comment l’amour ramène à la vie une jeune veuve éplorée -, chanteurs, marionnettistes et musiciens font revivre ces tribulations théâtrales. Obstiné et quelque peu impertinent, l’Opéra Comique inaugurait ainsi trois siècles de création lyrique.
Une veuve qui retrouve l’amour, des forains insoumis, un Arlequin audacieux et des marionnettes irrespectueuses… pour un voyage historique au début du XVIIIe siècle, époque à laquelle l’Opéra et la Comédie-Française tentaient d’imposer leur hégémonie. Mais c’était sans compter sur l’opiniâtreté et l’imagination de ceux qui allaient créer l’opéra-comique !

L’Opéra Comique ayant souhaité célébrer son tricentenaire en rappelant les circonstances de sa naissance, Jean-Philippe Desrousseaux a adapté une pièce de Fuzelier de 1714 pour évoquer la guerre des théâtres qui avait lieu au début du XVIIIe siècle. En effet la Comédie-Française, créée en 1680, détient le monopole des représentations théâtrales et voit d’un très mauvais œil ses concurrents forains. Elle multiplie les procès pour les contraindre au silence, mais ceux-ci inventent chaque fois des façons de contourner les interdictions : quand le dialogue est interdit, ils jouent en monologues, quand la parole est interdite, ils souhaitent chanter mais l’Opéra fait valoir son monopole et exige le paiement d’une redevance pour avoir le droit de chanter ; les forains qui ne peuvent la payer imaginent alors des pièces par écriteaux, dans lesquelles le public doit chanter lui-même. Quand la Comédie-Française interdit les acteurs sur la scène, ils ont recours aux marionnettes.
Dans le spectacle La Guerre des théâtres on verra donc les forains commencer à jouer La Matrone d’Éphèse, être interrompus par la Comédie-Française, puis par un huissier, puis par l’Opéra, etc., avant de récolter l’argent qui leur permet de payer la redevance et de chanter des vaudevilles, créant ainsi le genre et le théâtre de l’opéra-comique.

L’intrigue de La Matrone d’Éphèse, dans cette adaptation, est la suivante : une veuve, éperdue de douleur, veut s'enfermer dans le tombeau où repose son défunt mari pour y mourir de faim, accompagnée de son couple de domestiques Colombine et Pierrot. Ces derniers supplient Arlequin, contre rémunération, de séduire la matrone afin qu'elle abandonne l'idée de s'enterrer vivante. Arlequin accepte, distribue des oignons pour se forcer à pleurer avec Colombine et Pierrot. Il découvre alors une matrone peu attirante, « toute gonflée de larmes » et veut la purger. Pour la dissuader de mourir, Arlequin se fait passer pour le fantôme du mari mort, se cache sous la jupe de la matrone et lui interdit de le poursuivre dans la mort. Redevenu Arlequin, il feint d'être amoureux (pour obtenir l’argent promis) mais la matrone demeure pénétrée de chagrin. Arlequin lui apporte alors à boire et à manger… la veuve commence à éprouver de l’intérêt pour lui. Soudain on annonce que le pendu qu’Arlequin devait garder dans le cimetière vient d'être volé. Arlequin va être condamné à la pendaison pour cette négligence. Pour éviter qu’il ne soit pendu, la matrone offre que l'on prenne le corps de son mari pour le substituer au pendu volé. On met en place le stratagème et la noce peut se conclure entre une matrone sincèrement amoureuse et un Arlequin réellement dépité par le succès de l'entreprise.

Françoise Rubellin

Distribution

Jean-Philippe Desrousseaux, conception, mise en scène et marionnettes
Petr Řezač, sculpture des marionnettes
Katia Řezačová, peinture et costumes des marionnettes
François-Xavier Guinnepain, lumières
Françoise Rubellin, conseiller théâtral

Bruno Coulon, Arlequin
Sandrine Buendia, soprano
Jean-François Novelli, ténor
Arnaud Marzorati, baryton et direction artistique

La Clique des Lunaisiens

Production, Les Lunaisiens
Coproduction, Opéra Comique, Centre de musique baroque de Versailles

Remerciements à Antoine Fontaine pour la mise à disposition des toiles peintes, à DEN pour le masque d’Arlequin, et à Chantal David pour le costume d’Arlequin.

 

Biographies

JEAN-PHILIPPE DESROUSSEAUX
CONCEPTION, MISE EN SCENE ET MARIONNETTES
Formé aux marionnettes en France, en République Tchèque et en Italie, il enseigne notamment au Scottish Masked and Pupet Center (Ecosse). Narrateur avec orchestre pour des  œuvres classiques et contemporaines, il a monté la parodie Hippolyte et Aricie à l’Opéra Comique en 2014. Il anime également le Théâtre des Marionnettes du Parc  Floral de Paris. Il monte Pierrot lunaire avec l’ensemble Nigella, programmé sur plusieurs scènes françaises en 2015, 2016 et 2017. Il est également comédien de doublage pour la télévision et le cinéma.

BRUNO COULON
COMÉDIEN
En 2007, il découvre la pratique de l’improvisation théâtrale, ce qui l’amène à jouer un théâtre de textes. Après sa licence en Droit à l’université de Bourgogne, il intègre en 2012 L’École du Jeu (dir. D. Eliet) et travaille le jeu masqué avec M.  Araoz (Collectif Masque). Il intègre le Théâtre variable N°2 (Cie Keti Irubetagoyena) en 2013, puis est formé aux marionnettes par J.-P. Desrousseaux et joue sous sa direction dans diverses productions.

SANDRINE BUENDIA SOPRANO
Formée au CNSMDP, elle se produit dans un vaste  répertoire, de la musique ancienne à la musique contemporaine. Elle participe aussi à de nombreux festivals autour de la musique baroque et aborde avec bonheur les rôles mozartiens à l’opéra. Passionnée par le lied et la mélodie, elle se produit régulièrement en récital en France,en Belgique et en Italie notamment. En 2012-2013, elle intègre l’Académie de l’Opéra Comique. Elle chante ainsi lors de nombreux récitals et joue le rôle-titre de Cendrillon de P. Viardot (dir. M. Delunsch).

JEAN-FRANÇOIS NOVELLI TÉNOR
Titulaire d’une Maîtrise de Musicologie en Sorbonne, il entre au CNSMDP. Passionné par la musique baroque, il remporte le 1er prix  du Concours Sinfonia. Chanteur sans barrières, il s’est permis toutes les rencontres musicales. Il crée en 2004 avec A. Marzorati l’ensemble  Lunaisiens : des  dizaines de projets et 3 disques seront les fruits de cette association musicale et artistique.

ARNAUD MARZORATI  DIRECTION ARTISTIQUE
Après des études de flûte traversière, il débute le chant au sein de la  Maîtrise du Centre de Musique Baroque de Versailles, puis entre au CNSM de Paris. Il se perfectionne ensuite au sein de la troupe de  l’Opéra Studio de l’Opéra de Lyon. Grâce à son parcours pédagogique qui l’introduit dans les différents siècles et styles de l’art vocal, son répertoire s’étend de la musique baroque à la création contemporaine. Il a fondé l’ensemble Les Lunaisiens avec lequel il effectue également des projets culturels en région picarde.

LA CLIQUE DES LUNAISIENS
Basson et flageolet
Mélanie Flahaut / Viole de gambe Isabelle Saint-Yves / Théorbe Massimo Moscardo / Clavecin François Saint-Yves
Cherchant à se situer au cœur même de la mouvance culturelle, l’ensemble poursuit ses actions artistiques en intensifiant les rencontres avec l’Histoire et la Littérature. Que ce soit sous formes restreintes et intimistes ou sous formes plus importantes voire opératiques, la Clique des Lunaisiens aime donner des concerts et spectacles dont le côté à la fois éclectique et décalé de la programmation séduit de  nombreux festivals et leurs publics.
La clique des LUNAISIENS est soutenue par la DRAC PICARDIE.