Soldats en choeur

Soldats en choeur

Jeune public

CONCERT COMMENTÉ par Aurore Tillac et le Chœur de l’armée française

À partir de 8 ans

Dans les rangs, où qu'on aille, rien de tel que le chant pour soutenir la discipline, le courage... et la bonne humeur! En costumes militaires et sur les plus beaux airs de leur répertoire, les chanteurs de l'Armée Française nous le prouvent, en chœur et avec cœur.

Durée du spectacle 1h

Chœurs d’hommes de Donizetti, Franck, Offenbach, Rossini, Wagner, Weber

Chœur de l’Armée Française

Aurore Tillac, direction

Programme

Rossini, Choeur des buveurs (extrait du « Comte Ory »)
Donizetti, « Rataplan » (extrait de « La fille du régiment »)
Offenbach, Choeur des buveurs ("Drig Drig !", extrait des « Contes d'Hoffmann »)
Franck, Choeur des chameliers (extrait de « Rebecca »)
Weber, Choeur des chasseurs (extrait du « Freischütz »)
Wagner, Choeur des pèlerins (extrait de « Tannhaüser »)
 

Entretien

Nouveauté à l’Opéra Comique : les programmes des spectacles jeune public deviennent « participatifs » !
Vos élèves ont désormais la possibilité de participer à l’interview d’un artiste et voir ainsi leurs questions figurer dans le programme

Entretien avec Aurore Tillac
(réalisé avec la participation des élèves de 6ème 6 du Collège Janson de Sailly, Paris 16)

Quel est votre parcours musical ?
Mon goût pour la musique est né très tôt, j’estime toutefois que mon parcours n’est pas flamboyant. Je suis fille d’agriculteurs, mes parents n’étaient ni musiciens ni mélomanes, seule ma marraine jouait de la musique traditionnelle dans un groupe folklorique comme il en existe beaucoup dans le Gers, ma région d’origine. Vers l’âge de 7 ans, j’ai intégré l’un de ces groupes, au sein duquel j’ai appris la danse folklorique, les chants traditionnels pyrénéens puis la flûte et enfin l’accordéon diatonique. C’est là que j’ai développé mon oreille musicale. J’ai ensuite appris la clarinette dans une école de musique de la région puis continué un cursus musical à l’Ecole Nationale de Musique de Tarbes où j’ai pu notamment appréhender la musique de chambre et le jazz, via une formation purement classique. En parallèle, j’ai intégré une classe spécificité Musique au Lycée où j’ai appris le chant choral. C’est ma professeure de musique de l’époque, une femme passionnée et généreuse dans sa transmission, qui m’a amenée vers le chant grégorien qu’elle considérait comme un bon vecteur musical. Ce fut une véritable révélation, qui m’a conduite à suivre l'enseignement de direction de chœur grégorien au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris où j’ai obtenu mon diplôme. Ma formation s’est ensuite poursuivie sur le terrain, une « fabrication maison » en quelque sorte.

Faire de la musique votre métier, était-ce une évidence ?
Adolescente, mes envies professionnelles étaient déjà liées à la musique : j’imaginais faire du bal avec mon accordéon ou bien être professeure dans les zones sensibles en banlieue et tenter de régler les problèmes grâce à la musique. L’idée d’exercer un métier en rapport avec la voix me fascinait également. Avec la direction de Chœur, j’aborde pleinement la « fabrication » des concerts, c’est ce côté « manufacturé » qui me plaît. Le nom de l’ensemble de chanteurs amateurs que j’ai fondé et que je dirige depuis 2006 en est la preuve, il s’appelle La Manufacture Vocale et notre mot d'ordre, c’est « pas de manières, juste du kiff ! »

Diriez-vous que ce sont les rencontres qui décident d’une carrière ?
Oui j’en suis convaincue. A chaque étape de ma vie, j’ai eu la chance de rencontrer une ou deux personnes qui se sont révélées déterminantes dans ma carrière. Si je n’avais pas rencontré cette professeure de Musique au Lycée par exemple, j’aurais probablement évolué dans le bal plutôt que dans la direction de Chœur. Je serai donc passée à côté de tout un pan de ma vie actuelle qui me procure un épanouissement et un bonheur exceptionnels et qui me permet de me révéler à travers différents aspects : musical, artistique mais aussi relationnel. De même, lorsqu’il s’est agi de me porter candidate à la direction du Chœur de l’armée française, c’est un ami qui m’a soufflé à l’occasion d’un dîner que le recrutement était en cours et qui m’a convaincue de postuler.

Quelle chef de Chœur êtes-vous ?
Pour en juger, il faut me voir à l’ouvrage !
Je pense que j’ai une autorité naturelle mais sans volonté de domination. Je refuse l’autoritarisme et déteste les chefs qui se montrent « totalitaires ». J’ai beaucoup de respect pour les chanteurs du Chœur de l’armée française et j’ai particulièrement confiance en eux, j’aime leurs voix, j’aime les hommes qu’ils sont. La chef que je suis est un mélange finalement : parfois intraitable, parfois beaucoup plus souple, et tout à la fois chef de Chœur et commandante d’unité. Ce cadre militaire est bien réel, il faut donc gérer cette double identité que ce soit dans le protocole ou dans une dimension purement administrative.

Chantez-vous encore seule, par plaisir ? Si oui, d'autres registres que le classique ?
Oui je chante encore seule mais surtout avec des amis, des registres différents du classique. Je ne chante pas vraiment du rap ou du r'n'b mais des chants populaires grégoriens, un répertoire que j’aime tout particulièrement et qui est très important dans la culture gasconne.


Sur la saison 2013-2014, la programmation féminine dans le secteur musical  en France, tous postes confondus, est de 10% environ. Quel regard portez-vous sur cette sous-représentation des femmes ? 1
Je le déplore évidemment. Mais je regrette aussi qu’il y ait une situation qui paraisse plus exceptionnelle que l’autre : une femme qui dirige suscite toujours des interrogations. Alors imaginez le nombre de fois où l’on m’a interrogée sur le fait que je suis une femme à la tête d’un Chœur d’hommes. Ce qui me dérange c’est que l’on pense qu’une femme qui dirige est dans une posture de domination et de pouvoir, en occultant qu’elle peut aussi être dans un rapport égalitaire et harmonieux, tout simplement. Je pense ainsi à Catherine Simonpietri (à la tête de l’ensemble vocal Sequenza 9.3), Françoise Lasserre (chef de Chœur de l’ensemble Akadêmia), Nicole Corti (Directrice artistique du Chœur Britten), Emmanuelle Haïm (directrice musicale du Concert d'Astrée), Laurence Equilbey (chef d'orchestre, directrice musicale d’Insula orchestra et accentus), Sofi Jeannin (directrice de la Maîtrise de Radio France) etc.
Quant à la mise en place de quotas dans le secteur de la culture pour arriver à une certaine parité, je trouve qu’il s’agit d’une démarche respectable, il faut violenter cette société patriarcale. J’ai en tête la phrase de Françoise Giroud qui, à l'époque où elle était secrétaire d'État à la condition féminine, disait que « l'égalité entre les hommes et les femmes aura progressé quand on nommera à un poste à responsabilités une femme aussi incompétente qu'un homme. » La misogynie existe, elle a toujours existé. J’essaie, pour ma part, de m’en protéger grâce à l’humour notamment. Ainsi, lorsque j’ai pris la direction du Chœur de l’armée française, je me suis d’emblée présentée aux chanteurs en leur expliquant que je n’avais aucun problème à régler avec mon père ni avec les hommes en général et que je n’étais pas non plus une femme de pouvoir. Ça me semblait nécessaire de devancer d’éventuels préjugés et désamorcer des rapports de force.

Avez-vous déjà dirigé à l’Opéra Comique ?
Non, le 13 décembre ce sera la première fois ! Je suis d’autant plus impatiente que c’est une salle historique dont j’apprécie la programmation de grande qualité. Et je suis ravie que ce théâtre nous permettent d’expérimenter un concert participatif pour le jeune public, ce sera une première pour le Chœur ! Je suis donc aussi fière qu’enthousiaste avec tout de même une certaine appréhension. Je suis par ailleurs très admirative devant l’Académie de l’Opéra Comique : permettre à de jeunes gens talentueux de se former, de participer à des productions et d’être rémunérés, c’est exceptionnel et malheureusement trop rare au sein des théâtres.
 

Pour finir, quels sont les morceaux qui figurent dans votre « playlist » du moment ?
Il y en a tellement ! J’aime beaucoup Steevie Wonder, Don't you worry 'bout a thing notamment, mais également Superstition, ou encore Golden lady (l’une de mes chansons préférées). J’écoute également Big up de Diam's ; Una voce poco fa, extrait du Barbier de Séville de Rossini interprété par Theresa Berganza ; It don't mean a thing d’Ella Fitzgerald et Duke Ellington (Live at Côte d'Azur 1966) ; l'album Beau Repaire de Jacques Higelin ; de très nombreuses chansons de Pink ; l’album  Ahma de Maria Kalaniemi (une merveille !) et Saturday morning, le dernier album d’Ahmad Jamal (une autre merveille !). S’ajoutent à cela des chants populaires grégoriens, j’adore !
 

 

1D’après l’enquête « Où sont les femmes ? » publiée en octobre 2013 par la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD).


 

INFORMATIONS PRATIQUES

Lieu

Salle Favart

Tarif

13€ (5€ pour les moins de 18ans)

Renseignements

0 825 01 01 23 (0,15 € la minute)

Réserver     fb     tw

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