Armide dans tous ses états

Armide dans tous ses états

Concert

Les amours d’Armide, la fière magicienne chantée par le Tasse, et du chevalier Renaud ont inspiré une quarantaine d’opéras à l’époque baroque. La séduction, les enchantements et les fureurs étaient propices au déploiement d’une magie scénique éblouissante, comme dans la tragédie en musique de Lully, ou encore à la virtuosité vocale par laquelle l’opéra italien charma l’Europe des Lumières. L’envoutante Armide nous invite à un voyage musical dans les passions baroques.

Emmanuelle de Negri, soprano
Paul Agnew, direction musicale
Orchestre Français des Jeunes « Baroque »

Durée: 2h avec un entracte

Concert enregistré et diffusé par France Musique le 18 décembre 2010.

 

Programme

Jean-Baptiste Lully
Suite extraite d’Armide, tragédie en musique :

Extraits d’Armide
Ouverture (Prologue)
Gavotte et Canerie (Acte IV, scène 2)
Menuet et Gavotte (Prologue)
« Enfin Il est dans ma puissance… » (Acte II, scène 5)
Premier Air (Acte II, scène 4)
Passacaglia
Prélude à La Haine (Acte III, scène 4)
« Le Perfide Renaud… » (Acte V, scène 5)
« Traitre, attends, je le tiens… » (Acte V, scène 5)

 

George Friedrick Handel
Concerto Grosso Op.3 No.3 en sol Majeur
Armida Abbandonata, cantate (Dietro l’orme fugaci) :

1 - Accompagnato
2 - Aria e Recitativo
3 - Accompagnato
4 - Aria e Recitativo
5 – Aria

 

Joseph Haydn
Ouverture d’Armide

Carl Heinrich Graun
Armide, extrait de l’opéra (air, Alfin é in mio potere)

Joseph Haydn
Symphonie no. 85, La Reine
Air : Odio, furore, dispetto (extrait d’Armide, Acte 2)

Présentation

En 1581 paraît le monumental poème épique La Jérusalem délivrée de Torquato Tasso. Inspiré de l’Arioste et des romans de chevalerie en vogue, ce chef-d’œuvre italien met en scène, dans un récit de croisade, de nombreux personnages plus ou moins fictionnels. Tandis que divers épisodes sont portés à la scène dès la naissance de l’opéra (Monteverdi compose Le Combat de Tancrède et de Clorinde en 1624), librettistes et musiciens tombent sous le charme d’Armide. Cette magicienne permet en effet, plus que ses semblables Circé, Morgane ou Alcine, de développer la gamme des passions qui nourrit l’inspiration baroque : la séduction, la cruauté, la force d’âme, mais aussi l’amour, la douleur, le désarroi.

En effet, Armide ne se contente pas d’être une séductrice. Nièce du roi de Damas Hidraot, elle se rend dans le camp chrétien pour y envouter, par ses mensonges et sa beauté, les plus vaillants chevaliers. Elle les conduit en son château et leur ôte toute humanité en les changeant en animaux dociles. Renaud est envoyé par Godefroy, chef de la croisade, pour les délivrer. Insensible aux charmes de la magicienne, il est capturé. Mais prête à le tuer en plein sommeil, Armide tombe amoureuse. Dès lors, elle accède à la condition de femme, aimante et douloureuse, créant pour lui un paradis enchanté. Renaud, plus aimé qu’amant, cède aux remontrances de deux messagers chrétiens et rejoint son camp. Armide détruit ce qu’elle a édifié pour lui et, après l’avoir poursuivi de sa vindicte, se donne la mort.

On comprend que la belle évolution de Renaud et la figure torturée d’Armide, plus extériorisée, aient retenu les créateurs lyriques. Plus de quarante opéras portent le titre d’Armide jusqu’à l’Armida de Rossini en 1817.

Le modèle de ces adaptations est la tragédie en musique de Lully, son 14e opéra créé à l’Académie royale de musique le 15 février 1686. L’« opéra des dames » - Boileau en décrit l’effet pernicieux sur le public féminin dans sa Satire X – est diffusé et joué à Rome dès 1690. Le livret de Quinault fera même l’objet d’une nouvelle composition en 1777 sous la plume de Gluck. À Londres, en 1711, Handel produit Rinaldo – l’un des opéras centrés sur le héros – au Queen’s Theatre, mais il a auparavant composé pour la fameuse Margherita Durastanti la cantate Armida abbandonata lors de sa période romaine : elle est créée chez son mécène le marquis Ruspoli en juin 1707. Moins célèbre que lui, Graun est le promoteur de l’opéra italien à Berlin sous le règne de Frédéric le Grand. Son Armida y est créée en 1751. En février 1784, Haydn donne sa version de l’histoire sur un livret emprunté à un Rinaldo vénitien de Tozzi : c’est son dernier opéra pour la cour d’Eszterhaza. Quant à sa Symphonie n° 85 dite La Reine de France, elle est créée l’année suivante à Paris en hommage à Marie-Antoinette.

Où l’on voit que la muse baroque ignore les frontières des états.

INFORMATIONS PRATIQUES

Lieu

Salle Favart

Tarif

36, 30, 25, 20, 12, 6 €

Renseignements

0 825 01 01 23 (0,15 € la minute)

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