Le merveilleux dans l'opéra baroque

Le merveilleux dans l'opéra baroque

Colloque international, acte IV

Le merveilleux distingue de façon structurelle et poétique l’opéra baroque français, qui prend d’abord le nom de tragédie en musique, de la tragédie déclamée. A l’Opéra, machines, interventions divines, créatures infernales et autres allégories délimitent le domaine fabuleux où il convient de parler en chantant et stimulent l’apparition de nouveaux genres lyriques où la musique se doit d’enchanter.

Responsables scientifiques : Agnès Terrier (Opéra Comique), Alexandre Dratwicki (Palazzetto Bru Zane, Centre de musique romantique française)

Vendredi 20 Mars
Matinée – Théories du merveilleux
Après-midi – Le merveilleux, composante primordiale de l’opéra baroque

Samedi 21 Mars
Matinée – Le merveilleux à la Foire
Après-midi – Les influences du merveilleux d’opéra

Programme du vendredi

VENDREDI 20 MARS

MATINÉE – THÉORIES DU MERVEILLEUX

10h00  Catherine Kintzler (université de Lille-III) : La poétique du merveilleux dans l'opéra français de l'âge classique
Professeur émérite de l’Université de Lille-III, Catherine Kintzler est l’auteure de Jean-Philippe Rameau, splendeur et naufrage de l'esthétique du plaisir à l'âge classique (2e édition, Paris : Minerve, 1988, prix Charles Cros 1983), Condorcet, l’instruction publique et la naissance du citoyen (Paris : Folio-Essais, 1987 2e éd.), Poétique de l'opéra français de Corneille à Rousseau (Paris : Minerve, 2006, 2e éd.), La République en questions (Paris : Minerve, 1996), La France classique et l'opéra, (livret et 2 CD audio, Arles : Harmonia Mundi, 1998), Théâtre et opéra à l’âge classique, une familière étrangeté (Paris : Fayard, 2004), Qu’est-ce que la laïcité ? (Paris : Vrin, 2008 2e éd.). Outre de nombreuses conférences d’intérêt général, elle travaille en collaboration avec des artistes pour des lectures poétiques ou à titre de conseiller dramaturgique. Page web : http://www.mezetulle.net

10h45 Laura Naudeix (université catholique d’Angers) : La place du merveilleux dans la structure de l’opéra baroque français
Agrégée de lettres modernes, chercheur associé au Centre de Musique Baroque de Versailles, Laura Naudeix a consacré sa thèse au répertoire de l’Académie royale de musique: Dramaturgie de la tragédie en musique (1673-1764), publiée aux éditions Honoré Champion (2004) . En collaboration avec Jean-Noël Laurenti et Nathalie Lecomte, elle a publié le traité de Louis de Cahusac, La danse ancienne et moderne, Traité historique de la danse, aux éditions Desjonquères / Centre National de la Danse. Elle collabore à la nouvelle édition du théâtre de Molière dans la Pléiade sous la direction de Georges Forestier. Elle enseigne la littérature et l’histoire du spectacle à l’Université Catholique de l’Ouest d’Angers.

APRÈS-MIDI – LES INFLUENCES DU MERVEILLEUX D’OPÉRA

14h30 Nathalie Lecomte (Centre National de la Danse) : Le merveilleux infernal dans les spectacles chorégraphiques et lyriques français aux XVIIe et XVIIIe siècles

Nathalie Lecomte est historienne de la danse, chercheur indépendante associée au C.N.D., consultante depuis 1989 aux éditions Larousse. Elle a été notamment responsable scientifique du domaine danse pour les Dictionnaire de la musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles (éd. M. Benoît, Fayard, 1992) et Dictionnaire de la musique en France au XIXe siècle (éd. J.-M. Fauquet, Fayard, 2003), conseillère et auteur de nombreux articles du Dictionnaire de la danse (Larousse, 1999 et réd. 2008). Elle a aussi collaboré avec L. Naudeix et J.-N. Laurenti à l’édition commentée du Traité historique de la danse (1754) de Cahusac (CND-Desjonquères, 2004).
 

15h15 Patrick Taïeb (université de Rouen) : Le château de Monténéro (opéra-comique de Dalayrac, 1797), ou le fantastique en procès

Patrick Taïeb est professeur de musicologie à l'université de Rouen et ancien membre de l'Institut universitaire de France. Spécialiste de la vie musicale en France, il a publié de nombreux articles sur l'opéra-comique et sur le concert à la fin du XVIIIe siècle. Il a fondé avec Hervé Lacombe (professeur à l'université Rennes II) un séminaire consacré à l'histoire du concert en France aux XVIIIe et XIXe siècles, et dirige un vaste projet de Répertoire des programmes de concert en France (RPCF) soutenu par l'Agence nationale de la Recherche. En 2007, il a publié L’Ouverture d’opéra en France de Monsigny à Méhul à la Société française de musicologie.

15h15 Bertrand Porot (Université de Reims Champagne-Ardenne, Centre d'Études et de Recherches en Histoire Culturelle) : Orchestrer le merveilleux

Agrégé de musicologie, Bertrand Porot a consacré sa thèse à Jean-Baptiste Stuck et la réunion des goûts au seuil du XVIIIe siècle, publiée aux Presses universitaires du Septentrion en 2003. Maître de conférences en histoire de la musique baroque à l'Université de Reims, il publie des études dans de nombreuses revues dont L’Avant Scène Opéra (Thésée de Lully), aux éditions Mardaga (Les Mélanges de Marc-Antoine Charpentier, éd. Catherine Cessac) et Brépols (The Opera-comique in the XVIII- and XIX-Centuries, éd. Lorenzo Frassa), collabore aux collections de fac-similés chez Fuzeau (œuvre théorique intégrale de Rameau) et codirige avec Raphaëlle Legrand le GRIMAS, groupe de recherches sur les arts de la scène de l’Équipe Patrimoine et Langages Musicaux (université Paris-IV Sorbonne).

16h00 Raphaëlle Legrand (université de Paris-Sorbonne) : La magie de Zoroastre

Raphaëlle Legrand est professeure à l’Université de Paris Sorbonne (Paris IV) où elle enseigne l’histoire et l’analyse de la musique baroque. Ses recherches portent sur les genres lyriques en France au XVIIIe siècle et notamment sur l’œuvre de Rameau. Elle a publié Comprendre la musique baroque à travers ses formes (Harmonia Mundi, 1997), Entre théâtre et musique : Récitatifs en Europe aux XVIIe et XVIIIe siècles (Cahiers d’histoire culturelle, 1999, en collaboration avec Laurine Quetin), Regards sur l’opéra-comique, Trois siècles de vie théâtrale (CNRS Éditions, 2002, en collaboration avec Nicole Wild) et Rameau et le pouvoir de l’harmonie (Cité de la Musique, 2007).

Programme du samedi

SAMEDI 21 MARS

MATINÉE – LE MERVEILLEUX À LA FOIRE

10h00 Nathalie Rizzoni (CELLF 17e-18e, université Paris-Sorbonne et CNRS)  : Pleins feux sur la déraison avant le règne des Lumières

Ingénieur de recherche, Nathalie Rizzoni travaille sur les spectacles du XVIIIe siècle et sur l’esthétique rococo du « petit ». Auteur d’éditions critiques de pièces de théâtre, elle a publié récemment L’Âge d’or du conte de fées : de la comédie à la critique (1690-1709). La Fée Bienfaisante et autres comédies, NR (Éd.), Éd. H. Champion, 2007 ; « Quand dire c’est faire, les parlers merveilleux au théâtre », Le Conte en ses paroles. La figuration de l’oralité dans le conte merveilleux du Classicisme aux Lumières, A. Defrance et J.-Fr. Perrin (Éds.), Éd. Desjonquères, 2007 ; « Les Fées de Romagnesi et Procope-Couteaux (1736) : entre Perrault et Marivaux », Féeries. Le conte, la scène, Chr. Bahier-Porte (Éd.), 2007 ; « Féerire à la Foire », Féeries. Le merveilleux comique, J. Mainil (Éd.), n°5, 2008.

10h45 Judith Le Blanc (université de Paris X-Nanterre / Fondation Thiers) : Le merveilleux, pierre de touche de l’opéra et cible privilégiée des parodistes

Ancienne élève de l’ENS, agrégée de lettres modernes, Judith le Blanc est boursière de la Fondation Thiers. Elle termine actuellement une thèse intitulée L’Opéra en comédie : pratiques de la parodie et circulation des airs chantés sur la scène des théâtres parisiens (1672-1745) sous la direction de Christian Biet à l’université de Paris X – Nanterre. Elle est stagiaire d’Alexandra Rübner pour la mise en scène de Zémire et Azor de Marmontel et Grétry, production en résidence à Royaumont, création fin août 2009 à l’Académie Bach (76), et prépare une mise en espace de L’Empereur de la Chine et Frère Rigolet de Voltaire.

11h30 Françoise Rubellin (université de Nantes) : Zoroastre parodié…

Françoise Rubellin est professeur de littérature française à l’université de Nantes. Spécialiste de Marivaux, elle a publié Marivaux dramaturge (Champion, 1996), une trentaine d’articles sur cet auteur, de nombreuses éditions de pièces séparées, ainsi que son théâtre complet (avec F. Deloffre, Pochothèque, 2000). En 1999, elle crée un Centre d’Études des Théâtres de la Foire qui s’attache à l’étude interdisciplinaire des premiers opéras-comiques et à la publication de manuscrits inédits. Elle a publié en 2005 un volume collectif, Théâtre de la Foire, anthologie de pièces inédites 1712-1736, Éditions Espaces 34, contenant onze pièces de dix auteurs forains, et en 2007, Pyrame et Thisbé, un opéra au miroir de ses parodies (1726-1779). Elle dirige actuellement un programme de recherche (ANR) sur les parodies d'opéra sous l'Ancien Régime.

Avec les interventions de Loïc Chabine
Loïc Chahine est ingénieur d'études à l'université de Nantes et mène des recherches sur les vaudevilles forains et italiens au XVIIIe siècle. Il a édité la musique de trois parodies, dans Pyrame et Thisbé : un opéra au miroir de ses parodies sous la direction de F. Rubellin, et dans Médée, un montre sur scène : réécritures parodiques du mythe sous la direction d'I. Degauque. Par ailleurs musicien (traverso), il dirige une troupe amateur de théâtre en musique, Le Carnaval du Parnasse, dont les activités sont principalement centrées sur la parodie d'opéra.

11h30 Marie-Pauline Martin (Institut National d’Histoire de l’Art, DFKG) : Figurer le merveilleux et personnifier la fureur : quand la peinture d'histoire s'adapte à la vraisemblance de la tragédie lyrique

Docteur en histoire de l’art, diplômée de philosophie et de musicologie, Marie-Pauline Martin consacre ses recherches à l’étude des rapports entre théories musicales et artistiques au XVIIIe siècle. Chargée d’enseignement à l’Université de Paris I puis de Nantes, elle est aujourd’hui pensionnaire à l’Institut National d’Histoire de l’Art (attachée au programme Musique et Arts visuels) et collaboratrice scientifique au Centre Allemand d’Histoire de l’Art (où elle travaille à l’édition intégrale des Conférences de l’Académie  royale de peinture et de sculpture). Un ouvrage, Juger des arts en musicien. Un aspect de la philosophie artistique de Jean-Jacques Rousseau, issu de sa thèse de doctorat, sera prochainement publié par la MSH.

APRÈS-MIDI – LE MERVEILLEUX, COMPOSANTE PRIMORDIALE DE L’OPÉRA BAROQUE

14h30 Benjamin Pintiaux (École de danse de l'Opéra de Paris) : Della Cetra Meravigliosa il suono : le merveilleux lyrique français et les modèles italiens

Benjamin Pintiaux a soutenu une thèse à l'EHESS sur L'abbé Pellegrin et la tragédie en musique, dirigée par Catherine Massip, en cours de publication aux éditions Mardaga/CMBV. Ses travaux portent sur les librettistes et la poïétique de l'opéra français au XVIIIe siècle. Ses dernières communications s'intéressaient à Médée et Jason de Pellegrin, Oedipe à Colone de Sacchini et aux parodies d'opéra dans les Cantiques spirituels du XVIIIe siècle. Benjamin Pintiaux prépare le commentaire littéraire et musical de l'opéra-comique L'Amant jaloux de Grétry, programmé en 2009-2010 (coproduction Opéra Comique, Centre de musique baroque de Versailles, Opéra royal de Wallonie). Il enseigne actuellement à l'École de danse de l'Opéra de Paris.

INFORMATIONS PRATIQUES

Lieu

Salle Bizet

Tarif

Entrée libre sur réservation

Renseignements

0 825 01 01 23 (0,15 € la minute)

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