Histoire de l'Opéra Comique

L’Opéra Comique est créé sous le règne de Louis XIV, en 1714. Il s’agit de l’une des plus anciennes institutions théâtrales et musicales de France avec l’Opéra de Paris (anciennement Académie royale de musique) et la Comédie-Française. Son histoire fut tour à tour turbulente et prestigieuse jusqu’à sa toute récente inscription sur la liste des théâtres nationaux en 2005.
A partir de 1783, l’Opéra Comique présente ses saisons dans un théâtre qui a pris le nom d’un fameux auteur de livrets, Charles-Simon Favart. Par deux fois, la Salle Favart brûle puis est reconstruite sur le même terrain. En 1898, la troisième salle du nom est attribuée à l’Opéra Comique.

Par extension, on appelle opéra-comique le genre de spectacle représenté par l’Opéra Comique. Comique ne signifie pas que le rire est obligatoire mais que les morceaux chantés s’intègrent à du théâtre parlé. L’opéra-comique s’oppose donc à l’opéra, entièrement chanté, et ses spécificités sont enseignées au Conservatoire jusqu’en 1991.

À partir de 1783, l’Opéra Comique présente ses saisons dans un théâtre qui a pris le nom d’un fameux auteur de livrets, Charles-Simon Favart. Par deux fois, la Salle Favart brûle puis est reconstruite sur le même terrain. En 1898, la troisième salle du nom est attribuée à l’Opéra Comique.

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Chronologie

JALONS HISTORIQUES DE L’OPÉRA COMIQUE

1697 Les Comédiens Italiens sont renvoyés de Paris par Louis XIV. Dans les théâtres des foires saisonnières Saint-Germain et Saint-Laurent, des Français récupèrent canevas et personnages italiens pour inventer un nouveau spectacle d’esprit parodique, avec des passages chantés en vaudeville (emploi d’un air connu, populaire ou d’opéra, avec de nouvelles paroles).

1714 Une troupe de forains obtient un privilège pour son spectacle, désormais nommé « Opéra Comique ». L’orchestre comprend une douzaine de musiciens. Le public est d’une grande mixité sociale.

1719-1751 Malgré plusieurs longues fermetures dues à la rivalité des spectacles, l’Opéra Comique s’installe dans le paysage théâtral parisien. Son répertoire est publié à partir de 1737. Auteurs et compositeurs commencent à proposer des contributions originales.

1743 Charles-Simon Favart est régisseur et Noverre maître de ballet de l’Opéra Comique.

1752 Le directeur Jean Monnet consolide l’Opéra Comique. La troupe compte plus de vingt comédiens, une vingtaine de musiciens et une quinzaine de danseurs. Décorateur : François Boucher.

1753 Création du premier opéra-comique (alors nommé « comédie mêlée d’ariettes ») avec partition entièrement originale : Les Troqueurs de Dauvergne, dans le cadre de la Querelle des Bouffons.

1762 L’Opéra Comique doit fusionner avec la Comédie Italienne (rétablie en 1716) dont il prend le nom, et quitte la Foire pour l’Hôtel de Bourgogne. Madame Favart, première chanteuse de la troupe, modernise le jeu et introduit le réalisme dans le costume de scène.

1780 Le répertoire d’opéra-comique ayant pris le dessus sur celui des Italiens, l’institution retrouve le nom d’Opéra Comique.

1783 L’Opéra Comique s’installe dans la première Salle Favart (architecte Jean-François Heurtier, 1100 places environ), bâtie aux frais du duc de Choiseul qui en a vendu le terrain au roi. Inauguration avec des œuvres de Grétry en présence de la reine Marie-Antoinette.

1791 La liberté des théâtres est proclamée. Concurrence du Théâtre Feydeau.

1801 Fusion de l’Opéra Comique et du Théâtre Feydeau au Théâtre Feydeau (architectes Jacques Molinos et Jacques Legrand, 1800 places environ). L’orchestre compte une quarantaine de musiciens, la troupe une vingtaine de chanteurs.

1807 L’Opéra Comique est porté sur la liste des quatre principaux théâtres parisiens et un décret fixe son genre : « comédie ou drame mêlés de couplets, d’ariettes ou de morceaux d’ensemble ».

1829 L’Opéra Comique quitte le Théâtre Feydeau, insalubre, pour la Salle Ventadour (architectes Jean-Jacques Huvé et Louis Réguier de Guerchy, 1200 places environ), édifiée à son intention et éclairée à l’huile et au gaz. On joue tous les soirs.

1832 L’Opéra Comique quitte Ventadour, trop coûteuse, pour le Théâtre des Nouveautés, place de la Bourse. Développement de la mise en scène.

1840 L’Opéra Comique s’installe dans la deuxième Salle Favart (architecte Louis Charpentier, 1500 places environ), bâtie sur les ruines de l’incendie de 1838. Inauguration avec Le Pré-aux-clercs d’Hérold.

1851-1869 Concurrence stimulante du Théâtre Lyrique, devenu troisième salle lyrique parisienne, très actif en matière de création.

1864 Suppression des privilèges des théâtres et liberté des genres. L’Opéra Comique connaît de graves difficultés financières, entre autres car il verse un loyer à l’Etat.

1872 Ouverture du répertoire à des ouvrages étrangers chantés en français avec Les Noces de Figaro de Mozart.

1873 Premier ouvrage sans dialogue parlé : Roméo et Juliette de Gounod, issu du répertoire du Théâtre Lyrique.

1874 Directeur : Léon Carvalho. Directeur musical : Charles Lamoureux. Développement de la direction d’acteur.

1887 Incendie de la deuxième Salle Favart pendant une représentation (60 morts, 18 blessés). L’Opéra Comique s’installe place du Châtelet.

1893 L’Etat décide de rebâtir une salle pour l’Opéra Comique.

1898 Inauguration de la troisième Salle Favart (architecte Louis Bernier, 1500 places environ) en présence du Président de la République Félix Faure. Programme de la soirée : Hérold, Auber, Massé, Gounod, David, Thomas, Bizet, Saint-Saëns, Massenet et Delibes. Directeur : Albert Carré. Directeur musical : André Messager. Poursuite de l’élargissement du répertoire et modernisation des pratiques scéniques.

1910 Sous l’impulsion d’Albert Carré, la programmation présente de plus en plus de concerts et de ballets.

1932 Faillite. L’Opéra Comique est uni à l’Opéra sous une direction commune : c’est la Réunion des Théâtres Lyriques Nationaux.

1939 Au sein de la RTLN, l’Opéra Comique devient une succursale de l’Opéra de Paris.

1971 Directeur de la RTLN, Rolf Liebermann ferme l’Opéra Comique et licencie la troupe.

1974-1978 La Salle Favart accueille l’Opéra Studio, centre de formation lyrique.

1978-1989 La Salle Favart est mise à disposition de l’Opéra. Dans ce contexte, recréation d’Atys de Lully par W. Christie et J.-M. Villégier à la Salle Favart en 1987.

1990 L’Opéra Comique retrouve son autonomie et devient une association, successivement dirigée par Thierry Fouquet, Pierre Médecin puis Jérôme Savary.

2005 L’Opéra Comique devient un Établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC), inscrit sur la liste des théâtres nationaux. Jérôme Deschamps en prend la direction en 2007.


 

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