135, 125, 97, 75, 50, 30, 16, 6 € À chacun son tarif

La flûte enchantée

Wolfgang Amadeus Mozart

6 au 14 novembre 2017

135, 125, 97, 75, 50, 30, 16, 6 € À chacun son tarif
La flûte enchantée - Illustration de Matthieu Fappani
fr

Cette version du chef-d’œuvre de Mozart mise en scène par Barrie Kosky et le collectif londonien 1927 a déjà fait le tour du monde. La première en France aura lieu salle Favart.

Extraits de La Flûte enchantée de Wolfgang Amadeus Mozart

Singspiel en deux actes. Livret d'Emanuel Schikaneder. Créé en 1791 à Vienne, au Theater auf der Wieden.

Égaré en terre étrangère, le prince Tamino accepte la mission que lui confie la reine de la Nuit sans comprendre dans quel monde il va pénétrer. Son guide, le naïf Papageno, et Pamina, qu’il doit libérer, sont aussi perdus que lui. L’inquiétude et la confiance dans la magie de la flûte cèderont, à travers les épreuves, aux lumières de la raison. 
En 1791, Mozart se doutait-il que La Flûte enchantée serait son ultime partition ? À trente-cinq ans, son organisme était épuisé mais sa volonté et son inspiration intactes. Il usa ses dernières forces dans ce projet cher entre tous, d’un grand ouvrage allemand et populaire, célébrant les idéaux des Lumières. Le succès viennois, qui illumina la fin de sa vie, devint universel dès le XIXe siècle. 
Le spectacle de Barrie Kosky et du collectif 1927 voyage dans le monde entier depuis sa création en 2012 à la Komische Oper Berlin. La scénographie intègre les chanteurs dans un dispositif vidéo où lieux, éléments, phénomènes surnaturels mais aussi paroles et sous-entendus se déploient grâce au film d’animation. Le tout avec les couleurs et le charme du cinéma en 1927 !

A lire avant le spectacle

En 1791, Mozart se doute-t-il, en composant La Flûte enchantée, qu’il s’agit de son ultime partition ? Quelques semaines après son trente-cinquième anniversaire, il en esquisse le livret, puis en entame la composition qui est presque achevée en juillet, si l’on en croit son catalogue personnel.

Il est jeune mais a derrière lui trente années de carrière durant lesquelles il a donné plusieurs tournées de concerts en Europe, supervisé la création de ses œuvres, rempli de nombreuses commandes pour l’archevêque de Salzbourg puis pour la Chambre impériale, animé des saisons de musique sacré, de bals et de festivités… Une telle activité a usé l’organisme de ce petit homme délicat et nerveux, sans entamer la force ni la fraîcheur de son inspiration.

Malheureusement, sa productivité n’a assuré ni sa sécurité matérielle ni son prestige. Si, au cours de cette année 1791, Mozart sent ses forces décliner, il prend surtout la mesure du relatif échec de ses projets de carrière. Il lui faudrait des commandes lucratives : c’est ce qu’on néglige de proposer au compositeur des plaisants Enlèvement au sérail et Cosi fan tutte, qui est aussi le créateur des sublimes Lucio Silla et Idoménée, ou des Noces de Figaro et de Don Giovanni, si profonds et novateurs.

Avec la détérioration de sa santé et l’aggravation de ses soucis, Mozart concentre son énergie sur l’essentiel : les idéaux des Lumières, qui expliquent son adhésion à la franc-maçonnerie en 1784, ses racines allemandes, qui le poussent à dégager l’opéra national naissant des influences italienne et française, et enfin son public populaire, qui a fait un triomphe à L’Enlèvement au sérail.

Emanuel Schikaneder lui offre l’occasion de travailler dans ces conditions heureuses. Cet acteur célèbre, ami de dix ans, dirige un théâtre important dans un élégant faubourg de Vienne, le Teater auf der Wieden. Il s’y consacre au répertoire en langue allemande que la bonne société viennoise commence à apprécier, tandis que les théâtres officiels du centre-ville continuent à privilégier le brillant répertoire italien. Sur une scène qui offre presque les mêmes dimensions que celles de l’Opéra Comique (13 mètres de profondeur et 17 mètres de large), Schikaneder monte force « féeries », un genre agrémenté de musiques de scène et de mouvements de décors volontiers spectaculaires. Ainsi, La Pierre philosophale, d’après un conte de Wieland, a obtenu un franc succès en 1790. Ce « grand opéra héroï-comique », bâti sur un livret d’inspiration maçonnique, a mobilisé plusieurs musiciens, dont Mozart déjà. L’année suivante, Mozart catalogue donc La Flûte enchantée comme un « grand opéra », même si l’œuvre est en vérité un Singspiel, forme allemande de l’opéra-comique français qui alterne le parlé et le chanté.

Franc-maçon, Mozart l’est comme de nombreux musiciens de son temps en Europe. À Vienne, cette adhésion, quoique mal vue par l’Empereur, donne un sens à la liberté qu’il s’est choisie en quittant la cour provinciale de Salzbourg, car la loge abolit alors les barrières sociales. Au-delà de ses intérêts très réels, Mozart trouve dans cet engagement la satisfaction de son exigence morale et y a entraîné les deux hommes qui lui sont le plus chers : son père Léopold et son ami Joseph Haydn.

La Flûte enchantée conjugue donc plusieurs origines. Inspirateur puis interprète de Papageno, Schikaneder combine dans le livret deux contes de fées publiés par Christoph Martin Wieland en 1789 dans son recueil Dschinnistan : Lulu ou la flûte magique (c’est le sens exact du terme Zauberflöte) et Les Garçons judicieux. Le poète Gieseke, frère de loge de Mozart et auteur des paroles de sa Petite cantate maçonnique, participe à la rédaction des dialogues. Quant à Mozart, il retrouve avec tant de plaisir les éléments déjà présents dans Thamos, roi d’Egypte de Tobias Philipp von Gebler, sur lequel il a composé une musique de scène en 1779, qu’il s’investit dans le projet jusqu’à y réussir l’osmose entre l’univers du conte et la symbolique maçonnique, mais aussi entre les musiques populaires (Papageno), savantes (la Reine de la nuit et les héros) et sacrées (Sarastro et ses prêtres) : là réside selon Goethe la dimension universelle de l’œuvre.

La Flûte enchantée est créé le 30 septembre 1791 au Teater auf der Wieden sous la direction du compositeur. Son succès fulgurant, qui réconforte Mozart jusqu’à ses derniers instants, maintient l’œuvre à l’affiche durant un an : l’empereur Leopold II vient l’applaudir quelques mois après la mort de Mozart le 5 décembre suivant. Goethe rêvera de lui offrir une suite, Schikaneder en montera une en 1798.

La Flûte enchantée, célébrée dans tout l’Empire allemand, commence alors à voyager au-delà de ses frontières. Jouée à Saint-Pétersbourg en 1797, elle connaît sa première véritable version étrangère à Paris en 1802. Il s’agit d’une œuvre profondément remaniée sous la forme d’un « misérable pot-pourri » (dixit Berlioz) d’opéras de Mozart, que l’Opéra donne jusqu’en 1827 sous le titre Les Mystères d’Isis. Puis une troupe allemande vient la jouer en langue originale dans la deuxième Salle Favart, en 1829 : cette première en France est trop exotique pour faire date. Pourtant, des extraits de la partition alimentent déjà les programmes de concerts et l’édition musicale populaire.

Le premier théâtre français à monter sérieusement La Flûte enchantée est en 1865 le Théâtre-Lyrique, place du Châtelet. L’œuvre est donnée en adaptation française bien sûr, et mise en scène par Léon Carvalho dans de somptueux décors égyptisants qui justifient un découpage en quatre actes et sept tableaux. Le succès de cette production motive plusieurs reprises, en particulier à l’Opéra Comique, dont Carvalho a pris la tête, à partir de 1879, sous la direction de Lamoureux. Pamina est alors chantée par Caroline Miolan-Carvalho, l’égérie de Gounod, Tamino par le grand Talazac, le créateur du rôle-titre des Contes d’Hoffmann entre autres, et Papageno par Lucien Fugère. Albert Carré en proposera une nouvelle production en 1909, avec Marguerite Carré, Edmond Clément et toujours Fugère.

L’œuvre disparaîtra du répertoire de l’Opéra Comique dès 1910 pour devenir, à partir de 1923, un pilier de celui de l’Opéra Garnier.

Il est donc temps, en 2017, que La Flûte enchantée retrouve à Paris les proportions et l’acoustique d’un théâtre similaire à celui pour lequel Mozart l’écrivit. Notre production signée Barrie Kosky, Suzanne Andrade et Paul Barritt est en outre portée par la Komische Oper Berlin, institution fondée en 1947 par Walter Felsenstein sur l’avenue Unter den Linden, en référence directe à l’Opéra Comique français qui avait su inventer pour le public des Lumières un théâtre musical porteur de vérité.

Argument

Le Prince Tamino est chargé par la Reine de la Nuit d’aller délivrer sa fille Pamina des prisons du mage Sarastro, accompagné de Papageno. Tamino se voit remettre une flûte magique pour les aider dans leur voyage. Mais au cours de son aventure, truffées d’épreuves, Tamino découvre que les forces du mal ne sont pas du côté qu’il croyait.

Acte I

Égaré en terre inconnue, attaqué par un serpent, le prince Tamino s’évanouit. Trois Dames surgissent pour terrasser le monstre puis courent prévenir leur Reine, qui peut seule décider du sort de l’étranger. Lorsqu’il revient à lui, Tamino se trouve face à Papageno, un brave oiseleur qui se vante d’avoir abattu le monstre. À leur retour, les trois Dames punissent ce mensonge avant de remettre à Tamino, de la part de leur Reine, le portrait de sa fille. Si celle-ci plaît au prince, un brillant avenir l’attend. Tamino tombe instantanément amoureux et la Reine de la Nuit apparaît en personne pour lui promettre la main de la princesse s’il parvient à la tirer des griffes du perfide Sarastro. Les trois Dames préparent le prince à sa mission : il partira nanti d’une flûte magique, escorté de Papageno et guidé par trois Garçons.
La princesse Pamina est en effet détenue dans le royaume de Sarastro, sous la garde du cruel Monostatos. Papageno s’introduit auprès d’elle et l’invite à rejoindre le prince amoureux. Elle n’hésite pas longtemps et le rassure : lui aussi connaîtra l’amour.
Grâce aux trois Garçons, Tamino parvient devant le Temple de la Sagesse. Or, Sarastro s’en trouve être le souverain : le prince ne sait plus que penser de ce ravisseur. De leur côté, Papageno et Pamina sont surpris dans leur fuite par le méchant Monostatos. Lorsque Sarastro apparaît, Pamina avoue s’être sauvée. Le monarque lui pardonne mais refuse de la rendre à sa mère : un homme saura mieux la guider.
Voici justement Tamino. Les deux jeunes gens se reconnaissent et tombent dans les bras l’un de l’autre. Sarastro punit Monostatos et ordonne la série d’épreuves qui attend Tamino.

Acte II

Sarastro annonce aux prêtres d’Isis et d’Osiris que Pamina et Tamino sont promis l’un à l’autre, à condition que celui-ci se montre digne de la Vérité. Les prêtres le guideront avec bienveillance. La première épreuve consiste à résister par le silence aux ruses des femmes : les trois Dames en sont pour leurs frais, même si Papageno a du mal à se taire.
De son côté, Pamina endure les avances de Monostatos. Sa mère intervient, non pour la délivrer mais pour la charger d’une mission cruelle : elle doit tuer Sarastro et lui dérober le Soleil. Pamina en est incapable : Sarastro ne prône-t-il pas le pardon ? Une autre épreuve l’attend : le silence de Tamino, qui la désespère. Sarastro les invite à se séparer, nouveau malheur.
Quant à Papageno, il rêve si fort d’une petite femme qu’une vieille lui apparaît. La solitude lui pèse tant qu’il accepte sa main. Elle se transforme en séduisante Papagena, mais s’évapore aussitôt.
Les trois Garçons sauvent Pamina du désespoir en l’assurant de l’amour de Tamino. Ils la conduisent au seuil de l’ultime épreuve où Tamino s’apprête à affronter les Éléments. Tous deux méritent d’être initiés et s’élancent dans le Temple au son de la flûte.
Les trois Garçons détournent aussi Papageno du suicide : sa Papagena lui revient et ils s’imaginent aussitôt à la tête d’une nombreuse famille.
La Reine de la Nuit essaie de récupérer sa fille, assistée de Monostatos et des trois Dames. Sarastro déjoue leur tentative et la Sagesse triomphe définitivement.

Direction musicale, Kevin John Edusei • Mise en scène, Suzanne Andrade, Barrie Kosky • Animations, Paul Barritt • Conception, Collectif 1927 (Suzanne Andrade et Paul Barritt) et Barrie Kosky • Chœur, Arnold Schoenberg Chor • Orchestre, Orchester Komische Oper Berlin

Voir toute la distribution

2h40 (entracte inclus) - Salle Favart
135, 125, 97, 75, 50, 30, 16, 6 €
Spectacle en allemand, surtitré 

Emplacements

16 emplacements spécifiques sont accessibles aux personnes à mobilité réduite, sur réservation au guichet ou par téléphone. Ascenseur accessible par le 5 rue Favart.
01 70 23 01 44 | accessibilite@opera-comique.com

Tout public

Avant-Spectacles

Introduction au spectacle

Agnès Terrier, la dramaturge du théâtre vous dit en 15 minutes tout ce qu’il faut savoir sur l'œuvre et le contexte de sa création.

Chantez les airs de l'opéra

Appropriez-vous par le chant les grands airs de La Flûte enchantée avec Christophe Grapperon les 6, 14 novembre / Jeanne Dambreville les 7, 8 novembre / Geneviève Boulestreau les 9, 11, 12, 13 novembre.

Distribution

Direction musicale
Kevin John Edusei
Suzanne Andrade
Mise en scène
Barrie Kosky
Animations
Paul Barritt
Conception
Collectif 1927
Décors et costumes
Esther Bialas
Dramaturgie
Ulrich Lenz
Lumières
Diego Leetz
Pamina
Vera-Lotte Böcker
(6, 8, 11, 13 nov.)
Pamina
Kim-Lilian Strebel
(7, 9, 12, 14 nov.)
Tamino
Tansel Akzeybek
(6, 8, 11, 13 nov.)
Tamino
Adrian Strooper
(7, 9, 12, 14 nov.)
Reine de la nuit
Christina Poulitsi
(6, 8, 11, 13 nov.)
Reine de la nuit
Olga Pudova
(7, 9, 12, 14 nov.)
Sarastro, Orateur
Wenwei Zhang
(6, 8, 11, 13 nov.)
Sarastro, Orateur
Andreas Bauer
(7, 9, 12, 14 nov.)
Papageno
Dominik Köninger
(6, 8, 11, 13 nov.)
Papageno
Richard Sveda
(7, 9, 12, 14 nov.)
Papagena
Martha Eason
Monostatos
Johannes Dunz
(6, 7, 8 nov.)
Monostatos
Ivan Tursic
(9, 11, 12, 13, 14 nov.)
Première Dame
Nina Bernsteiner
(6, 8, 11, 13 nov.)
Première Dame
Inga-Britt Andersson
(7, 9, 12, 14 nov.)
Deuxième Dame
Gemma Coma-Alabert
(6, 8, 11, 13 nov.)
Deuxième Dame
Katarzyna Wlodarczyk
(7, 9, 12, 14 nov.)
Troisième Dame
Nadine Weissman
(6, 8, 11, 13 nov.)
Troisième Dame
Karolina Sikora
(7, 9, 12, 14 nov.)
Premier homme en armure
Timothy Richards
Deuxième homme en armure
Philipp Meierhöfer
(6, 8, 11, 13 nov.)
Deuxième homme en armure
Alexej Botnarcius
(7, 9, 12, 14 nov.)
Trois garçons
Tölzer Knabenchor

Chœur :

Arnold Schoenberg Chor

Orchestre :

Orchester Komische Oper Berlin

Production :

Komische Oper Berlin

En partenariat avec

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