138, 122, 97, 75, 50, 34, 16, 6 €

Fortunio

André Messager

12 au 22 décembre 2019

138, 122, 97, 75, 50, 34, 16, 6 €
Bannière du Spectacle Fortunio © Matthieu Fappani
fr

L’équipe artistique du Comte Ory revient enflammer le plateau de la salle Favart, avec son succès de 2009, une comédie lyrique drôle et élégante, pour clore l’année en beauté.

Photo Fortunio

Fortunio © Stefan Brion

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Répétition de Fortunio © Stefan Brion

Photo Fortunio

Fortunio © Stefan Brion

Photo Fortunio

Fortunio © Stefan Brion

Photo Fortunio

Fortunio © Stefan Brion

Photo Fortunio

Fortunio © Stefan Brion

Photo Fortunio
Vidéo Fortunio
Vignette Fortunio

Comédie lyrique en quatre actes d'André Messager. Livret de Gaston Arman de Caillavet et Robert de Flers d’après Le Chandelier d’Alfred de Musset.
Créé à l’Opéra Comique en 1907.

La femme d'un vieux notaire cède aux avances d'un fringant militaire. Pour détourner l'attention du mari, ils manipulent un tout jeune clerc de l'étude, Fortunio. Or Fortunio aime la dame d'un amour éperdu.

Qui sait ce qu’est l’amour ? Alfred de Musset n’a cessé de mettre en jeu toutes les façons de le vivre, d’en brûler ou de l’assouvir, raison pour laquelle il a inspiré tant de compositeurs. Son Chandelier avait déjà séduit Offenbach, comme son Fantasio, par son mélange d’humour et de sincérité. À la Belle Époque, Messager s’attacha à son tour à cette pièce, avec la liberté que lui donnait son renom de chef d’orchestre. La liberté de produire un art comique dont la légèreté, opposée à la lourdeur, s’accorde avec la profondeur.

En 1907, la création de Fortunio à l’Opéra Comique rallia tous les suffrages, des amateurs d’opérette aux amoureux d’opéra. Et en 2009, cette comédie lyrique à fleur de peau a inspiré un magnifique spectacle, drôle et élégant, à Denis Podalydès et Louis Langrée.

L’Opéra Comique est heureux de le reprogrammer pour clore en beauté l’année 2019, avec une palette d’extraordinaires interprètes pour qui chant et jeu procèdent d’une même passion.

À lire avant le spectacle

Le 5 juin 1907, l’Opéra Comique accueille un événement parisien : la création de Fortunio, la nouvelle œuvre composée et dirigée par André Messager, alors qu’il vient d’être nommé directeur… de l’Opéra de Paris ! Sept mois avant d’endosser ses fonctions au Palais Garnier, un an avant de prendre la tête de la Société des concerts du Conservatoire, Messager revient dans la salle Favart où il a acquis la reconnaissance dix-sept ans plus tôt avec La Basoche, et dont il a ensuite rehaussé le prestige lors d’une direction musicale éclairée de 1898 à 1904. Ce soir de 1907, Messager est ovationné comme compositeur, dans la fosse où il a conduit au succès Pelléas et Mélisande cinq ans plus tôt, et plus largement comme un acteur majeur de la vie musicale française, le seul capable d’en concilier les facettes les plus opposées.

À Favart, Fortunio paraît trois semaines après Ariane et Barbe-Bleue de Paul Dukas. La direction d’Albert Carré est en effet l’une des plus fécondes qu’ait connue l’institution. L’une des plus éclectiques surtout car tout sépare Messager et Dukas, le compositeur prolifique d’opérettes et le symphoniste exigeant, l’auteur d’une trentaine d’ouvrages scéniques et l’homme d’un unique opéra. Messager n’est-il pas l’un des derniers musiciens français à consacrer sa carrière à l’art lyrique, avec une trentaine de titres, en un temps où musique de chambre et symphonie s’épanouissent ? Pourtant, Messager et Dukas sont amis car, sans préjugés, Messager sait apprécier à la fois Vincent d’Indy et Henri Christiné.

Comme Chabrier, Messager est porté par tempérament vers la comédie. Mais contrairement à son aîné, il assume son goût du divertissement. Wagnériens tous deux, ils ont figuré parmi les premiers pèlerins de Bayreuth, mais ont aussi signé des fantaisies burlesques écrites sur des thèmes de Wagner. Pourtant Chabrier, né douze ans avant Messager et mort prématurément, n’a pu profiter de l’effervescence théâtrale de la Belle Époque et s’est fourvoyé dans la légende lyrique sur le modèle de Wagner. Messager, lui, forge son métier de compositeur dans l’opérette, s’y sensibilise au rythme dramatique et à l’esprit de son temps. Contrairement à Chabrier, il jouit en tant que chef d’une reconnaissance unanime. Il n’a donc pas besoin de faire ses preuves dans sa musique et y gagne la liberté de produire ce qui lui plaît : un art comique dont la légèreté, si elle s’oppose à la lourdeur, est compatible avec la délicatesse, voire la profondeur.

Tendant vers l’opéra-comique et la comédie lyrique – deux grands genres, le premier dévolu au délicat « demi-caractère », le second lointainement issu de la Platée de Rameau –, Messager y importe la fluidité wagnérienne qu’il conjugue à une clarté orchestrale toute française. Fortunio est une comédie revêtue d’une partition musicale continue. Cette forme, abordée par Messager en 1893 avec Madame Chrysanthème à la Renaissance, sanctionne la dissolution des genres officialisée par un décret en 1863 et mise en pratique à la salle Favart dès 1876. Fortunio n’en a pas moins l’esprit de l’opéra-comique : milieu bourgeois, personnages de caractère se détachant d’une communauté pittoresque, intrigue à la fois grivoise et sentimentale.

Dans le goût des décennies précédentes, le livret adapte une œuvre littéraire, Le Chandelier d’Alfred de Musset, pièce caustique et tendre choisie par Messager et à laquelle les habiles librettistes Flers et Caillavet ajoutent un premier acte d’exposition et un tableau de fête nocturne – quatrième acte qui sera supprimé à la première. Décrivant l’ambiance de la création, Albert Carré évoquera son « atmosphère cordiale, plaisante. "On dirait que la musique est de Musset lui-même" m’écrivait Robert de Flers. Et de son côté, Messager était enchanté de ses librettistes. » La pièce possède un potentiel musical qu’avait pu mesurer Offenbach en composant une musique de scène pour sa création à la Comédie Française en 1850 – dont la fameuse Chanson de Fortunio qui fait d’abord un peu d’ombre à celle de Messager. Musset est d’ailleurs à la mode à l’Opéra Comique : Auber a mis dès 1840 Le Chandelier en musique sous le titre de Zanetta, Offenbach a fait un Fantasio et Bizet adapté Namouna dans sa Djamileh en 1872 ; amis de Messager, Pierné composera On ne badine pas avec l’amour en 1910 et Henry Février Carmosine en 1913. On entendra même dans la salle Favart d’éphémères Lorenzaccio et À quoi rêvent les jeunes filles. Musset insuffle dans la société mondaine de ce tournant de siècle une densité romantique grisante avec ses héros qui, pour paraphraser Chateaubriand, habite un monde vide avec un cœur plein.

La production de 1907 est mise en scène par le directeur Albert Carré, comme le veut l’usage, dans des décors de Lucien Jusseaume. La distribution compte un jeune débutant prometteur, Fernand Francell dans le rôle-titre, les étoiles Lucien Fugère en Maître André et Marguerite Carré en Jacqueline, et certains créateurs de Pelléas : Dufranne en Clavaroche après Golaud, Périer en Landry après Pelléas. Dans la salle, Henri Busser, successeur de Messager à la direction de l’orchestre, se réjouit d’entendre applaudir Debussy, Hahn et Pierné, « tous ravis par cette musique légère et spirituelle » dont Fauré fera un compte rendu élogieux dans Le Figaro.

Sacré meilleur opéra-comique récent par le prix Monbinne de l’Académie des beaux-arts, Fortunio connaît 32 représentations en 1907, des reprises en 1910, 1915, 1920 (ces deux séries sous la direction de Messager), 1946 et une production en 5 actes en 1948, la dernière en date sur le plateau de la salle Favart qui comptabilise 77 représentations de Fortunio avant notre spectacle de 2009.

Que démontre le succès de Fortunio, créé par le directeur musical de l’Opéra à l’Opéra Comique en 1907 ? Que l’esprit de l’opéra-comique perdurait et surtout s’adaptait en souplesse aux transformations provoquées autant par la disparition des privilèges que par l’influence de Wagner, que l’Opéra Comique était par essence le premier théâtre lyrique de création en France, poumon aussi indispensable à la santé de la vie musicale qu’à celle de l’Opéra de Paris, bien mieux doté mais adonné au répertoire. C’est cette merveilleuse coïncidence entre l’esprit d’une institution et la démarche d’un artiste que le public applaudissait cette année-là.

L'argument

Acte I

Devant l’église d’une ville de province, un dimanche matin, on déambule quand on n’assiste pas à la messe. Parmi les joueurs de boules se distingue Landry, un jeune clerc de notaire spirituel et viveur. Il invite les flâneurs à boire à la santé de son patron Maître André, un barbon nanti d’une charmante épouse à la réputation intacte, Dame Jacqueline. Maître Subtil et son neveu Fortunio arrivent de la campagne. Le vieil oncle veut faire entrer le jeune homme dans l’étude de Maître André et le confie à son cousin Landry. Fortunio rêve d’amour et craint la vie mais Landry compte lui apprendre à profiter de l’un comme de l’autre. Parmi les soldats qui se promènent sur la place, le capitaine Clavaroche, nouveau venu et bourreau des cœurs, s’enquiert des femmes à séduire. Il jette son dévolu sur Jacqueline, dont la vertu n’a d’égal que la beauté, et qui sort justement de la messe. Sous couvert de résistance, Jacqueline avoue une vie maritale bien morne avant de présenter l’un à l’autre mari et galant. Par la flatterie, le capitaine entre dans les bonnes grâces du notaire qui l’invite à dîner. Ébloui par Jacqueline, Fortunio se résout à devenir clerc de notaire. 

Acte II

Quelques jours plus tard au petit matin, Maître André peine à réveiller sa femme, plus encore à obtenir des éclaircissements sur l’homme qui, au dire de son clerc Guillaume, est entré nuitamment dans sa chambre. Jacqueline l’accable de reproches en ce jour anniversaire de leur mariage, feint le désespoir puis endort sa jalousie. Sitôt le mari parti, Clavaroche sort de l’armoire. Que faire pour protéger leurs amours ? Clavaroche suggère à Jacqueline de trouver un chandelier, c’est-à-dire d’autoriser moyennant quelques coquetteries un jeune homme à lui faire la cour afin de détourner les soupçons d’André sur cet innocent. Parmi les clercs qui viennent complimenter Jacqueline, elle retient sur l’avis de sa femme de chambre le rougissant Fortunio. En privé, celui-ci explique sa timidité et lui promet avec fougue un dévouement absolu, surtout lorsqu’il comprend qu’elle a besoin de lui. 

Acte III

Tandis que les clercs discutent des infidélités supposées de Jacqueline, Clavaroche peut échanger quelques mots avec elle avant l’arrivée de Maître André pour le dîner. Le mari lui présente Fortunio qu’il a agréé comme cavalier de sa femme pour montrer qu’il n’est pas jaloux. Tout va pour le mieux sauf que Jacqueline est rêveuse et qu’au moment des toasts, la chanson de Fortunio sème le trouble. Pendant que le mari et l’amant jouent aux cartes, la femme interroge tendrement son très jeune amoureux et se laisse toucher par sa passion. Clavaroche avertit Jacqueline que le notaire, dont la jalousie s’est ranimée à un nouveau récit de Guillaume, postera des hommes armés le soir même sous sa fenêtre. Heureusement, il fait partie de la troupe et compte piéger Fortunio par un faux rendez-vous. Mais celui-ci a tout entendu… 

Acte IV

Jacqueline veut sauver Fortunio mais celui-ci vient au contraire lui annoncer qu’il se jettera dans le guet-apens, par désespoir d’avoir été manipulé. Devant sa résolution, elle lui avoue que lui seul a su lui inspirer un véritable amour, puis doit le dissimuler précipitamment. Le jour se lève en effet et Maître André, suivi d’un Clavaroche soupçonneux, vient présenter ses excuses. Il renvoie le guet et chassera Guillaume, coupable de médisance. Puis le mari et l’amant, nanti d’un chandelier pour s’éclairer, souhaitent une bonne nuit à Jacqueline et la laissent seule… avec Fortunio !

Direction musicale, Louis Langrée • Mise en scène, Denis Podalydès • Avec Cyrille Dubois, Anne-Catherine Gillet, Franck Leguérinel, Jean-Sébastien Bou, Philippe-Nicolas Martin, Thomas Dear, Aliénor Feix, Luc Bertin-Hugault • Choeur les éléments • Orchestre des Champs-Élysées

Voir toute la distribution

2h20 (entracte inclus) - Salle Favart
138, 122, 97, 75, 50, 34, 16, 6 €
Spectacle en français, surtitré en français et en anglais 

À partir de 10 ans

Avant le Spectacle

Rencontrez les artistes

Devant le décor tout juste monté, les artistes se prêtent au jeu du question/réponse 

Avec Denis Podalydès, Cyrille Dubois, Anne-Catherine Gillet, Jean-Sébastien Bou, Franck Leguérinel, Marine Thoreau La Salle. 

Rencontre avec les artistes animée par Agnès Terrier, lundi 25 novembre à 19h 

Chantez les airs de l'opéra

Rendez-vous décomplexé avec un chef de chœur pour découvrir en chantant quelques airs de l’opéra que vous vous apprêtez à voir !

Découvrez les clés du spectacle

Agnès Terrier, la dramaturge du théâtre vous dit en 15 minutes tout ce qu’il faut savoir sur l'œuvre et le contexte de sa création.

Distribution

Direction musicale
Louis Langrée
Mise en scène
Denis Podalydès
Sociétaire de la Comédie-Française
Eric Ruf
Décors
Éric Ruf
Christian Lacroix © Patrick Swirc
Costumes
Christian Lacroix
Lumières
Stéphanie Daniel
Assistant musical
Julien Masmondet
Collaborateur artistique à la mise en scène
Laurent Delvert
Assistante décors
Dominique Schmitt
Assistant costumes
Jean-Philippe Pons
Cheffe de Chant
Marine Thoreau La Salle
Chef de Choeur
Joël Suhubiette
Cyrille Dubois
Fortunio
Cyrille Dubois
Anne-Catherine Gillet
Jacqueline
Anne-Catherine Gillet
Franck Leguérinel
Maître André
Franck Leguérinel
Clavaroche
Jean-Sébastien Bou
Philippe-Nicolas Martin
Landry
Philippe-Nicolas Martin
Lieutenant d’Azincourt
Pierre Derhet
Lieutenant de Verbois
Thomas Dear
Madelon
Aliénor Feix
Maître Subtil
Luc Bertin-Hugault
Geoffroy Buffière © Tristan Raynaud
Guillaume
Geoffroy Buffière
Gertrude
Sarah Jouffroy
Comédien
Laurent Podalydès

Enfants : 

Maîtrise Populaire de l’Opéra Comique : Malcolm Namgyal, Suzanne Laurens (représentations des 12, 14 et 22 décembre 2019), Madeleine Dumas-Primbault, Solal Dages-des-Houx (représentations des 16, 18 et 20 décembre 2019)

Choeur : 

Choeur les éléments

Orchestre : 

Orchestre des Champs-Elysées

Production : 

Opéra Comique

Coproduction : 

Opéra national de Lorraine

Reprise : 

Reprise de la production de 2009 

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