Vous avez peut-être déjà vu l’Opéra-Comique sans le savoir
À l’écran, le théâtre n’apparaît pas toujours sous son nom. Il devient salle de spectacle, décor d’époque, coulisse, hall de sortie ou simple lieu de passage. Depuis une dizaine d’années, les tournages s’y multiplient, faisant de ses espaces un décor recherché par le cinéma, les séries et les bandes-annonces.
C’est aussi ce qui rend ces apparitions intéressantes : elles ne montrent jamais tout à fait le même théâtre.
Dans Intouchables, la salle Favart, le foyer, le hall et la loge principale apparaissent par fragments, dans une scène devenue très reconnaissable. Cette même loge se transforme en loge du XVIIIe siècle dans Marie-Antoinette.
Dans d'autres espaces, le lieu se prête à d’autres usages. Dans French Lover, on voit le théâtre s’ouvrir de l’extérieur, du hall jusqu’à la place Boieldieu. Dans Le Comte de Monte-Cristo, il rejoint l’imaginaire d’un lieu de représentation, le temps d’une remise de médaille. Dans Maestro(s), il évoque la solennité d’une maison d’opéra.
Ce que le cinéma vient chercher ici tient autant à l’architecture qu’à la manière dont le théâtre organise les regards et les circulations. Il y a bien sûr les dorures de la salle Favart, les peintures du foyer, les loges, les escaliers, les coursives. Mais il y a aussi une autre qualité, plus discrète : cette façon de faire passer de la scène à la salle, du spectacle à ses coulisses.
À l’écran, l’Opéra-Comique n’est donc pas seulement un décor patrimonial. C’est un théâtre tout entier, avec ses volumes, ses seuils et ses espaces de transition, qui sert chaque récit.
Dans la bande-annonce de Sarah Bernhardt, la divine, consacré à Sarah Bernhardt, le théâtre illuminé suffit à faire naître un imaginaire de la scène, de la présence et de l’apparition. Dans celle de Monsieur Aznavour, plusieurs espaces de l’Opéra-Comique ancrent le récit dans un monde de spectacle, sans réduire le lieu à un simple décor.
Dans The Walking Dead: Daryl Dixon, ce sont les alentours de l’Opéra-Comique qui sont mis en scène.
D’un film à l’autre, l’Opéra-Comique ne joue jamais exactement le même rôle. Il devient scène, décor, coulisse, lieu d’apparition ou de passage. Mais quelque chose demeure : la présence d’un théâtre qui, sans cesser d’être lui-même, se prête à d’autres histoires de fiction : faire apparaître, dans un même mouvement, un lieu patrimonial et un lieu vivant.
L’Opéra-Comique est aussi à voir dans…
Du film historique à la comédie, du polar à la série contemporaine, l’Opéra-Comique apparaît aussi dans de nombreux tournages accueillis ces dernières années.
En voici quelques repères, par ordre chronologique
Bibliothèque de films
2006
Marie-Antoinette, de Sofia Coppola | Extrait de la Scène de l’opéra
2011
Intouchables, d’Olivier Nakache et Éric Toledano | Extrait de la Scène de l’« arbre qui chante »
2012
Une nuit, de Philippe Lefebvre
2015
Un peu, beaucoup, aveuglément, de Clovis Cornillac
2018
Love Addict, de Frank Bellocq | Bande-annonce
2018
Toute ressemblance…, de Michel Denisot
2019
Qu’est-ce qu’on a encore fait au Bon Dieu ?, de Philippe de Chauveron
2021
Illusions perdues, de Xavier Giannoli
2021
Les Enfants de Bohème, court-métrage de Judith Chemla
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2022
Le Tourbillon de la vie, d’Olivier Treiner
2022
Maestro(s), de Bruno Chiche
2022
Une belle course, de Christian Carion
2022
Irma Vep, série d’Olivier Assayas
2022
Le Parfum vert, de Nicolas Pariser
2023
B.R.I, série de Jérémie Guez et Erwan Augoyard
2024
Franklin, série de Kirk Ellis et Howard Korder
2024
Boléro, d’Anne Fontaine
2024
Le Comte de Monte-Cristo, de Matthieu Delaporte et Alexandre de la Patellière
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2024
Monsieur Aznavour, de Mehdi Idir et Grand Corps Malade | Bande-annonce
2024
9.3 BB, série créée par Wallen, réalisée par Abd al Malik
2024
Sarah Bernhardt, La Divine, de Guillaume Nicloux | Bande-annonce
2025
Étoile, série de Daniel Palladino et Amy Sherman-Palladino
2025
French Lover, de Nina Rives
2025
Vie Privée, de Rebecca Zlotowski
2025
Wolfgang, de Javier Ruiz Caldera