Ivan Grinberg et la création de Robert le Cochon et les kidnappeurs

08 Juin 2014

Ivan Grinberg a une double casquette : il est à la fois l’auteur du livret et le metteur en scène de Robert le Cochon et les kidnappeurs.

Il nous en dit plus sur ce projet qui se jouera pour la première fois dans 5 jours :

 

Vous signez à la fois le livret et la mise en scène de Robert le Cochon et les kidnappeurs.  Pouvez-vous nous expliquer quel est le travail du metteur en scène ?

Faire de la mise en scène c’est être le pivot d’une équipe autour d’un projet commun, autour d’une esthétique commune, afin que des métiers et des compétences très divers aboutissent à quelque chose de satisfaisant sur un plateau. Ceci implique de donner des directions pour stimuler et faire converger les énergies des artistes, des techniciens, en tenant compte de contraintes économiques.

Le rôle du metteur en scène varie en fonction des projets mais dans tous les cas, il s’agit de raconter des histoires, de se mettre au service de textes, d’inventer ou réinventer des formes dans le cadre éphémère qu’est le spectacle vivant : je trouve ça profondément joyeux et excitant !

Quelle est la genèse de cette histoire ?

Lorsque mes filles avaient 5 et 6 ans, à l’heure du coucher, j’aimais beaucoup leur raconter des histoires mais lire et relire mille fois les mêmes livres pour enfants m’ennuyait terriblement. J’ai donc commencé à inventer les aventures de Robert le cochon. Je ne savais jamais où ça allait me mener, je me lançais dans des improvisations, le point de départ étant invariablement la phrase « C’était la nuit… ».

L’une de mes filles s’endormait souvent dès les premières phrases, l’autre ne cessait de me demander « Et maintenant ? ». C’est ainsi que sont nées de nombreuses et éphémères histoires de ce fameux Robert le cochon. Les personnages ne se sont pas construits de manière rigoureuse mais petit à petit, au gré de l’humeur du moment. Et puis un beau jour, Marc-Olivier Dupin, qui était alors à la tête de l’Orchestre national d’Ile de France, m’a proposé d’en faire un conte musical. Un récitant, Grégory Gadebois, et deux chanteurs, Marc Mauillon et Donatienne Michel-Danzac (qui interprétaient déjà plusieurs rôles) ont alors rejoint le projet. Aujourd’hui, ce nouvel épisode que nous créons à l’Opéra Comique va plus loin dans la forme opératique.

Quelle est la particularité qui réside dans le fait d’écrire pour des enfants ?

Dans le meilleur des cas, ça invite (ou ça autorise) à retrouver une part de sa propre enfance, non pas des souvenirs mais des formes de logique, de liberté d’invention, ce qui est très porteur.

Je pense par ailleurs que les enfants constituent un public très exigeant. L’écrivain Michel Tournier, l’auteur de Vendredi ou les limbes du Pacifique, explique que les plus beaux livres pour enfants sont en fait des livres universels et donc également destinés aux adultes. C’est cette universalité que je trouve passionnante. Du reste, le public adulte puise encore une partie de son imaginaire dans l’enfance. Ce n’est donc pas fondamentalement différent d’écrire pour l’un ou l’autre des publics.

En parallèle de l’écriture de Robert le Cochon et les kidnappeurs, je suis d’ailleurs en train d’écrire une pièce « pour adultes » intitulée (pour l’instant !) La Décharge, qui se déroule dans le même univers, il s’agit un peu de 2 versants d’une même recherche artistique.