Hommage à Pierre Médecin

L'Opéra-Comique a appris avec grande tristesse la disparition de Pierre Médecin.

Publié le 6 janvier 2026
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Directeur de l’Opéra-Comique de 1994 à 2000, Pierre Médecin s’est éteint à l’âge de 90 ans ce dimanche 4 janvier 2026. Sa disparition marque la fin d’une époque de la vie lyrique française. Metteur en scène connaissant le moindre détail des partitions d’orchestre, ce Niçois avait été formé par Wieland Wagner au Festival de Bayreuth, où il fut son assistant – il mettait un point d’honneur à faire le trajet Nice-Bayreuth en voiture sur le temps d’écoute d’une intégrale de la Tétralogie. Grand homme de théâtre, fin connaisseur du répertoire, des interprètes et des métiers du théâtre, Pierre Médecin incarnait des qualités rares de directeur et de metteur en scène, alliant savoir, exigence artistique et profonde humanité. Il avait à cœur de défendre le patrimoine lyrique, de promouvoir la création et d’accompagner les artistes, avec une curiosité et une joie de vivre communicatives. 

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Pierre Médecin DR

En 1996, il fonda une troupe de jeunes chanteurs et chanteuses, le JTLF (Jeune Théâtre Lyrique de France), renouant avec une tradition abandonnée depuis plusieurs décennies et Pierre Médecin sut redynamiser l’Opéra-Comique par une programmation éclairée : parmi les quarante-cinq productions présentées durant les sept années de son mandat, on se souvient notamment du premier Roméo de Roberto Alagna, de la première Lakmé de Natalie Dessay et du premier Golaud de François Le Roux dans Pelléas et Mélisande sous la direction de Georges Prêtre, qu’il mit en scène sur un extraordinaire plateau ruisselant d’eau. Il fonda en 1996 une troupe de jeunes chanteurs et chanteuses, le JTLF (Jeune Théâtre Lyrique de France), affirmant ainsi sa volonté de transmission. Pierre Médecin présenta avec un éclectisme averti des spectacles comme Don Quichotte chez la duchesse de Boismortier, La Dame blanche de Boieldieu ou Vlan dans l’œil d’Hervé, et des créations comme Le dernier jour de Socrate de Graciane Finzi et Clara de Hans Gefors (livrets de Jean-Claude Carrière) ainsi que des classiques de l’institution, comme l'inoubliable Werther avec Alfredo Kraus et Béatrice Uria-Monzon en 1994.

D’une grande courtoisie avec le public, profondément attaché à la Salle Favart, Pierre Médecin était toujours à l’écoute de ses équipes, exigeant et bienveillant à la fois, l’œil vigilant mais toujours le sourire en coin.

Sa générosité, sa confiance et son engagement auprès des équipes du théâtre comme des artistes ont durablement marqué celles et ceux qui eurent la chance et le plaisir de travailler avec lui, et continueront de nourrir la mémoire de l’Opéra-Comique.