À lire avant de venir voir Gretel et Hansel

27 Janvier 2019

GRETEL ET HANSEL, HEROS DU PASSE AU CŒUR DE LA FRACTURE SOCIALE MODERNE.

Hansel et Gretel c’est un conte idéal, qui parle à toute la famille. Comme tous les contes il offre de nombreux axes de lecture et de compréhension. Comme tous les contes il parle du particulier et du collectif dans un langage polymorphe.

Le récit d’Hansel et Gretel est l’un des contes de fée traditionnels les plus anciens du fond européen. Recueilli par l'écrivain italien Giambattista Basile au XVIIème siècle il est popularisé par les frères Grimm en 1812 dans leurs Contes de l'enfance et du foyer. D’une richesse sémantique inouïe, le conte cosigné par les frères Grimm au début du XIXe siècle dit l’indicible : deux enfants abandonnés en forêt par leurs parents retrouvent leur chemin après avoir affronté une sorcière anthropophage dont la maison fait saliver.

Ce livret a connu au cours des siècles suivants de nombreuses adaptations. Celle choisie par Humperdinck, produite à Weimar en 1893, est un sérieux aménagement du conte original. On supprime l’insupportable : la famine, qui pousse une mère à convaincre son mari de laisser mourir ses enfants dans la forêt. De telles abominations ont bien dû se produire, mais ne sont pas imaginables pour les bourgeois de la fin du siècle.

La dure réalité des frères Grimm est donc transposée. On peut avoir faim chez le marchand de balais, mais une aimable voisine a donné une cruche de lait pour préparer de bons desserts. Si les enfants ont faim, ce n’est sans doute qu’un petit creux et beaucoup de gourmandise. Du même coup, les enfants innocents de Grimm sont nettement culpabilisés à l’opéra. C’est parce qu’ils ont dansé au lieu de travailler que la mère se met en colère, casse malencontreusement la cruche et les envoie chercher des fraises dans la forêt.

Parmi les interprétations du conte, la question de la lutte des classes et de la répartition des richesses est sans doute l’une des plus intéressantes. Entre la misère et la famine qui assaillent les parents et l’opulence indécente, débordant de joyaux et de pain d’épices dans laquelle vit la sorcière, il y a un gouffre qu’on pourrait qualifier d’éminemment contemporain.

Sarah Koné

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