L'Opéra Comique au tableau - L'Inondation

22 Mars 2020

Cette vidéo est un support afin de relier la captation d’opéra de L'Inondation aux programmes scolaires et ainsi faciliter l’école à la maison en période de confinement.

Le replay du spectacle L'Inondation

A faire :

  • En 4 pages, écrivez une situation initiale, par exemple une agricultrice et un restaurateur. Imaginez une catastrophe naturelle, et écrivez comment elle bouleverse le récit.

 

  • A la vision de l’opéra, ou de la lecture de la nouvelle, répondez aux questions suivantes :

    • Pourquoi s’appelle-elle ainsi ?
    • Pourquoi l’inondation a-elle une place prépondérante dans le récit ?
    • Qu’est ce que l’inondation vient changer à l’histoire ?

 

  • Lisez l’extrait suivant de L’Inondation de Emile Zola et comparez-le à l’opéra ou à la nouvelle de Zamiatine :

« J’ignore combien de temps nous restâmes dans la stupeur de cette crise. Quand je revins à moi, l’eau avait grandi encore. Maintenant, elle atteignait les tuiles ; le toit n’était plus qu’une île étroite, émergeant de la nappe immense. À droite, à gauche, les maisons avaient dû s’écrouler. La mer s’étendait.

« Nous marchons », murmurait Rose qui se cramponnait aux tuiles.

Et nous avions tous, en effet, une sensation de roulis, comme si la toiture emportée se fût changée en radeau. Le grand ruissellement semblait nous charrier. Puis, quand nous regardions le clocher de l’église, immobile en face de nous, ce vertige cessait ; nous nous retrouvions à la même place, dans la houle des vagues.

L’eau, alors, commença l’assaut. Jusque-là, le courant avait suivi la rue ; mais les décombres qui le barraient à présent, le faisaient refluer. Ce fut une attaque en règle. Dès qu’une épave, une poutre, passait à la portée du courant, il la prenait, la balançait, puis la précipitait contre la maison comme un bélier. Et il ne la lâchait plus, il la retirait en arrière, pour la lancer de nouveau, en battait les murs à coups redoublés, régulièrement. Bientôt, dix, douze poutres nous attaquèrent ainsi à la fois, de tous les côtés. L’eau rugissait. Des crachements d’écume mouillaient nos pieds. Nous entendions le gémissement sourd de la maison pleine d’eau, sonore, avec ses cloisons qui craquaient déjà. Par moments, à certaines attaques plus rudes, lorsque les poutres tapaient d’aplomb, nous pensions que c’était fini, que les murailles s’ouvraient et nous livraient à la rivière, par leurs brèches béantes.

Gaspard s’était risqué au bord même du toit. Il parvint à saisir une poutre, la tira de ses gros bras de lutteur.

« Il faut nous défendre », criait-il.

Jacques, de son côté, s’efforçât d’arrêter au passage une longue perche. Pierre l’aida. Je maudissais l’âge, qui me laissait sans force, aussi faible qu’un enfant. Mais la défense s’organisait, un duel, trois hommes contre un fleuve. Gaspard, tenant sa poutre en arrêt, attendait les pièces de bois dont le courant faisait des béliers ; et, rudement, il les arrêtait, à une courte distance des murs. Parfois, le choc était si violent, qu’il tombait. À côté de lui, Jacques et Pierre manœuvraient la longue perche, de façon à écarter également les épaves. Pendant près d’une heure, cette lutte inutile dura. Peu à peu, ils perdaient la tête, jurant, tapant, insultant l’eau. Gaspard le sabrait, comme s’il se fût pris corps à corps avec elle, la trouait de coups de pointe ainsi qu’une poitrine. Et l’eau gardait sa tranquille obstination, sans une blessure, invincible.

Alors, Jacques et Pierre s’abandonnèrent sur le toit, exténués ; tandis que Gaspard, dans un dernier élan, se laissait arracher par le courant sa poutre, qui, à son tour, nous battit en brèche. Le combat était impossible.

Marie et Véronique s’étaient jetées dans les bras l’une de l’autre. Elles répétaient, d’une voix déchirée, toujours la même phrase, une phrase d’épouvante que j’entends encore sans cesse à mes oreilles : « Je ne veux pas mourir !... Je ne veux pas mourir ! »

Rose les entourait de ses bras. Elle cherchait à les consoler, à les rassurer ; et elle-même, toute grelottante, levait sa face et criait malgré elle : « Je ne veux pas mourir ! »

Seule, tante Agathe ne disait rien. Elle ne priait plus, ne faisait plus le signe de la croix. Hébétée, elle promenait ses regards, et tâchait encore de sourire, quand elle rencontrait mes yeux.

L’eau battait les tuiles, maintenant. Aucun secours n’était à espérer. Nous entendions toujours des voix, du côté de l’église ; deux lanternes, un moment, avaient passé au loin ; et le silence de nouveau s’élargissait, la nappe jaune étalait son immensité nue. Les gens de Saintin, qui possédaient des barques, devaient avoir été surpris avant nous. »

Émile Zola, « L’inondation », chapitre IV, p. 45-48 (1880-1885)

A lire

  • L’Inondation, Evgueni Zamiatine (1929)
  • Le Horla, Guy de Maupassant
  • L’Inondation, Emile Zola 
  • Farenheit 451, Ray Bradbury 
  • 1984, Georges Orwell 

A voir 

  • Metropolis, Fritz Lang 
  • Interstellar, Christopher Nolan
  • Black Mirror, série en 5 saisons (2011 – 2019)
  • Octobre, Serguei
  • Le docteur Jivago

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