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Rencontre avec Jeanne Desoubeaux | Carmen, opéra-paysage itinérant

Du 24 au 27 septembre 2026, Carmen quitte la salle pour investir l'espace public, de la Cité internationale des Arts au collège François Couperin. Jeanne Desoubeaux signe cette mise en scène avec la compagnie Maurice et les autres, aux côtés des directeurs musicaux Igor Bouin et Jérémie Arcache.

Publié le 23 septembre 2026
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« Il serait trop facile d’ériger simplement Carmen en personnage féministe. C’est un personnage bien plus complexe que ce que l’on pourrait en dire… »

Jeanne Desoubeaux Mise en scène
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Rencontre avec Jeanne Desoubeaux | Carmen, opéra-paysage itinérant

Et si, pour redécouvrir Carmen, il fallait aussi repenser notre manière de vivre l’opéra ?

Avec Carmen, opéra-paysage itinérant, la metteuse en scène et fondatrice de la compagnie Maurice et les autres nous invite à porter un autre regard sur l’œuvre de Bizet : interroger notre rapport au chant et à la musique, réinventer la place du spectateur et faire sortir l’opéra des salles traditionnelles.

 

Le trio est parti d'une conviction : « Carmen avait une force populaire en lui », et le livret réclamait d'être vu dehors, puisque l'action s'y déroule déjà, dans la rue, à la taverne, à la corrida. L'œuvre reste aussi l'un des opéras les plus familiers du grand public, y compris de ceux qui ne vont jamais à l'opéra. La jouer dans la rue, là où le passant la croise par hasard, prenait alors tout son sens.

Le défi technique était important, il fallait faire tenir l'opéra dans l'extérieur sans perdre ce qui fait sa voix, son acoustique. Jeanne Desoubeaux ne voulait pas d'« un opéra en moins bien ». L'instrumentation a été réduit au piano, violoncelle et clarinette, joués en partie par les chanteurs eux-mêmes, « une manière de l'adapter vraiment pour la rue ». La mise en scène interroge aussi, avec humour, une évidence que l'opéra ne questionne plus : pourquoi on se met à chanter.

Le public, lui, se déplace entre trois dispositifs successifs. Cela permet une proximité avec les interprètes et les instruments produit, selon Jeanne Desoubeaux, « quelque chose d'émotionnel assez directement, et sans intellectualisation », un rapport que l'opéra en salle, séparé par la fosse d'orchestre, ne permet pas.

Sur Carmen elle-même, elle refuse la lecture univoque : en faire une figure féministe serait trop simple. « Ce qui m'intéresse dans le personnage, c'est qu'elle est toutes les femmes. » Le rôle, habituellement très chargé, est partagé avec Mercedes et Frasquita. Avec Anaïs Bertrand, qui l'interprète, le travail a visé à ramener Carmen à « quelqu'un de tout à fait normal ».

Carmen, opéra-paysage itinérant

D'après Georges Bizet

Et si l'opéra se réinventait ? Chez Bizet, Carmen ne quitte jamais la rue : la place, la taverne, la montagne, l’arène. Jeanne Desoubeaux et une troupe de dix artistes l'y ramènent. L'Opéra-Comique convie le public à cette déambulation lyrique, de la Cité internationale des Arts au collège François Couperin, dans le 4e arrondissement de Paris.

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Distribution

Mise en scène, Jeanne Desoubeaux • Direction musicale, Jérémie Arcache et Igor Bouin • Avec Anaïs Bertrand, Kaëlig Boché, Igor Bouin, Solène Chevalier, Jeanne Desoubeaux, Jean-Christophe Lanièce, Vincent Lochet, Pauline Leroy, Flore Merlin, Agathe Peyrat