Karen Vourc’h chante Poulenc

Karen Vourc’h chante Poulenc

Récital

La Dame de Monte-Carlo et mélodies variées

Au début du XXe siècle, l’Opéra Comique accueillait toutes les tendances esthétiques sous la direction avisée d’Albert Carré : symbolisme, naturalisme, régionalisme ou orientalisme ; contes de fées, sujets historiques ou contemporains.

Panorama d’une période faste où cinq à dix ouvrages nouveaux voyaient le jour chaque saison.

Durée du spectacle : 1h sans entracte
 

Karen Vourc’h, soprano
Nathalie Steinberg, piano

Concert enregistré et retransmis sur France Musique le 25 janvier à 20h.

Présentation

« Tant qu’il y aura des poètes, il y aura des mélodies. Si l’on mettait sur ma tombe : “Ci-gît Francis Poulenc, le musicien d’Apollinaire et d’Éluard”, il me semble que ce serait mon plus beau titre de gloire ».
Francis Poulenc


Qu’il s’agisse de grande musique ou de chansons, l’instinct mélodique me semble le don le plus précieux pour un musicien.

Les poètes que j’ai le plus souvent mis en musique sont Apollinaire, Éluard, Louise Vilmorin et Aragon. Je ne me sens à l’aise en effet pour collaborer avec un poète que si je le connais et si je l’ai entendu lire ses poèmes. Ainsi j’ai eu la joie d’entendre Apollinaire. J’ai compris alors que même lorsqu’il y a chez lui de l’ironie, elle est toujours voilée de mélancolie.

La transposition musicale d’un poème doit être un acte d’amour, et jamais un mariage de raison. Je n’ai jamais pu me passer de poésie.

Lorsque j’ai élu un poème, dont je ne réalise parfois la transposition musicale que des mois plus tard, je l’examine sous toutes ses faces. Lorsqu’il s’agit d’Apollinaire et d’Éluard, j’attache la plus grande importance à la mise en page du poème, aux blancs, aux marges. Je me récite souvent le poème. Je l’écoute, je cherche les pièges. Je souligne parfois d’un trait rouge le texte aux endroits difficiles. Je note les respirations, j’essaye de découvrir le rythme interne par un vers qui n’est pas forcément le premier. Ensuite j’essaye la mise en musique en tenant compte des densités différentes de l’accompagnement pianistique. Lorsque je bute sur un détail de prosodie, je ne m’acharne pas. J’attends parfois des jours, j’essaye d’oublier le mot jusqu’à ce que je le voie comme un mot nouveau.

Ce qu’il y a d’étrange, c’est que dès que le piano devient accompagnement de mélodies, alors j’innove.

Monte-Carlo, la Venise de mes vingt ans ! Ce monologue m’enchante car il ressuscite pour moi les années 1923-1925 où je vivais, avec Auric, à Monte-Carlo, dans l’ombre impériale de Diaghilev. Les ai-je assez approchées ces vieilles épaves, faucheuses de mises !

Comme c’est curieux que ma collaboration avec Jean Cocteau soit à retardement ! De même que pour La Voix humaine, je n’aurais pas songé, en son temps, à mettre en musique La Dame de Monte-Carlo. J’ai essayé de donner une couleur différente à chaque strophe du poème. Mélancolie, orgueil, lyrisme, violence et sarcasme. Enfin, tendresse misérable, angoisse et floc dans la mer !

Francis Poulenc

Extraits de Entretiens avec Claude Rostand, Julliard, 1954 ; Journal de mes mélodies, Cicero Éditeurs, 1993 ; À bâtons rompus, écrits radiophoniques, Actes Sud, 1999.

 

Programme

La Courte-Paille - Maurice Carême, 1960
Le Sommeil
Quelle aventure !
La Reine de cœur
Ba, be, bi, bo, bu
Les Anges musiciens
Carafon
La Lune d’avril

La Dame de Monte-Carlo - Jean Cocteau, 1961

Montparnasse - Guillaume Apollinaire, 1945

Hyde Park - Guillaume Apollinaire, 1945

C - Louis Aragon, 1943

Fêtes Galantes - Louis Aragon, 1943

Miroirs Brûlants - Paul Éluard, 1939
Tu vois le feu du soir
Je nommerai ton front

INFORMATIONS PRATIQUES

Lieu

Foyer Favart

Tarif

13 €

Renseignements

0 825 01 01 23 (0,15 € la minute)

Réserver     fb     tw