La conspiration des chansons

La conspiration des chansons

Récital de chansons à textes du XIXe siècle

Au XIXe siècle, la société nouvellement bourgeoise se reconstruit dans les théâtres, mais aussi dans les salons où se jouent tous les actes de la comédie humaine. A la vaste fresque romanesque de Balzac répondent les croquis alertes des chansonniers, dont les accents franchissent bien souvent les murs des estaminets pour animer la vie musicale de la bonne société.

 

Arnaud Mazorati,  chant et conception
Vincent Vittoz, mise en scène et lumières
Daniel Isoir, piano et arrangements musicaux
Martin Kubich, collaboration artistique

Programme

Désaugiers, Paris à 5 heures du matin
Brazier, Les masques
Anonyme, Je suis mouchard
Charles Gille, L’amour Facile
Debraux, Les Coquilles d’huîtres, Les araignées missionnaires
Pierre Lachambeaudie, Ne criez plus : A bas les communistes
Béranger, Le vieux drapeau
Debraux, Te souviens-tu, Comment l’oublier, La colonne
Léo Maresse, Croquemitaine
Debraux, Mon oraison funèbre
Désaugiers, Paris s’endort

Les textes parlés sont extraits des oeuvres de Victor Hugo, Honoré de Balzac et Arnaud Marzorati

Biographies

Arnaud MAZORATI, baryton

Arnaud Marzorati débute le chant au sein de la maîtrise du Centre de Musique Baroque de Versailles. Il obtient un Premier Prix de Chant au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris. Son répertoire s’étend de la musique baroque à la création contemporaine… Sous la direction de Vincent Dumestre, il participe dernièrement aux productions du Bourgeois gentilhomme, de la Vita Umana, et de Cadmus et Hermione. Il crée avec Jean-François Novelli l’ensemble «Lunaisiens» avec lequel il défend, entre autre, la cantate «française». Il effectue actuellement des recherches musicologiques et historiques sur le répertoire des chansonniers du XIXe siècle et réalise des récitals sur l’histoire de la chanson française avec la Cité de la musique, la Fondation Royaumont, la Clef des Chants et l’Opéra Comique.

 

Vincent VITTOZ, metteur en scène

Après des études à L’E.N.S.A.T.T, quatre années d’assistanat à la mise en scène aux Chorégies d’Orange et au Festival de Carpentras, Vincent Vittoz interprète Shakespeare, Pirandello, Molière, Giraudoux, avant de se consacrer au théâtre musical. Par la suite, il met en scène plusieurs opéras dont Mort à Venise et Don Carlos à l’Opéra de Metz, Fantasio à Rennes, Pelléas et Mélisande à Paris, Véronique à l’Opéra de Limoges et de Metz, L’enlèvement au sérail à l’Opéra de Marseille ainsi que sa comédie musicale : L’ultime rendez-vous, à la Péniche-Opéra. Il enseigne actuellement au CNSM, au CNR de Paris et au Conservatoire du IXème.

 

Daniel ISOIR, piano

Il commence ses études avec Luisa Sorin avant d’entrer au CNR de Boulogne-Billancourt dans la classe de Gilles Bérard. Il obtient le premier prix à l'unanimité. Il se perfectionne aux cours internationaux d'hiver à Banff auprès de Marek Jablonski, Claude Frank, Paul Badura-Skoda, Paul Tortelier, Josef Gingold, avant de partir à Hambourg à la Hochschule für Musik und Theater. Il y obtient l'Examen de Concert avec la plus haute mention et donne alors de nombreux concerts en Europe du Nord, notamment avec l’orchestre symphonique de Hambourg. Il enregistre un disque solo consacré à la huitième Sonate de Prokofiev (Pianovox). Il pratique aussi bien la musique de chambre, l’accompagnement de lieder que le piano solo. Il a lui-même construit une copie d’un pianoforte de Johann Andreas Stein, un des facteurs préférés de Mozart.

Présentation

Vidocq, ancien bagnard, chef de la police de 1817 à 1827 se méfie des chansonniers et des lieux de chants en tous genres : goguettes, caveaux, estaminets, etc.… qui sont pour lui des souricières politiques où, conspirateurs, terroristes, agents provocateurs trinquent à tous vents et chahutent au travers de chansons trop souvent pernicieuses et répréhensibles.
Le mouchard, sous la botte de la rue de Jérusalem (ancien nom du quai des orfèvres) se déguise en « demi-solde », en officier démobilisé de la « Grande Armée », en adepte de « l’Aigle Napoléonien », endossant la redingote, le tromblon aux larges ailes et apposant le ruban rouge sur sa boutonnière. En affectant le plus ardent bonapartisme, le mouchard travaille alors à de
fausses conspirations ! Ménestrel ou troubadour de la police, il fomente d’odieuses chansons qui prodiguent « haines et outrages les plus grossiers » à l’encontre de la famille royale et du nouveau pouvoir politique. Grâce au mouchard, des têtes tombent (Carbounneau, Pleignier, Tolleron). Terrible complot, infâme conspiration : la France s’observe, la France se dévisage, la France se méfie… Nouvelle épuration, nouvelle « terreur blanche » ? La France se tait, elle ne veut plus chanter.