La salle Favart et ses trésors

22 Décembre 2015

Peinture de Benjamin Constant, 1898

En cette veille de Noel, c’est une sorte de cadeau que notre photographe en appuyant sur le bouton déclencheur de son boitier, les ouvriers en érigeant le gigantesque échafaudage qui occupe tout l’espace de la salle, les architectes et les ingénieurs qui ont pensé la chose, vous font. On vous a déjà parlé de ce monstre métallique qui permet maintenant à celui qui s’y hisse de tendre le bras et de presque toucher le plafond. On joint deux photos d’avant l’installation. Malheureusement, les visites sont interdites au public, mais pour quiconque a le privilège de pouvoir y grimper, l’impression est extraordinaire. Pas seulement que depuis sa confection et le vissage de l’œuvre sur le dôme (1898), très rare ont été ceux qui se sont trouvés dans la situation de tutoyer l’œuvre ; les habitués de Favart comprennent de quoi il retourne-  qui n’ont pas cette chance- même ceux du paradis : l’ensemble parait loin, haut, inatteignable. Mais parce que cette La Glorification de la musique de Benjamin Constant (1845-1902) explose de couleur et de grâce et qu’il faut avoir le nez dessus pour en mesurer toutes les finesses.

Les images ici se passent de commentaires. Ou plutôt dirigent vers deux références culturelles incontournables. Une première qui a tout à voir avec le plafond, puisque l’esquisse du tableau se trouve exposé au musée d’Orsay (58cm x 58cm) dénué justement des couleurs et des détails qui font le charme de l’ouvrage. Une seconde qui n’a rien à voir mais que tous les amateurs doivent acquérir en allant voir l’exceptionnelle exposition que la Cité de la Musique / Philharmonie propose autour de Marc Chagall et le triomphe de la musique. Le spectateur y découvre une première salle constituée du plafond de l’opéra Garnier (1964) agrémentée d’une bande son des titres emblématiques du répertoire lyrique (une opération conjointe avec Google) qui se déclenche à chaque fois que la loupe passe sur le nom d’un compositeur et un morceau du dessin qui renvoie à un titre. Une réussite totale. Un autre cadeau de Noel que l’on peut se faire à soi-même jusqu’au 31 janvier 2016.  
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Pour en revenir à notre chantier, la frise qui borde le tableau de Constant est parsemée de figures et de statues. L’inspiration puisée aux sources de la mythologie grecque et romaine et l’engagement de l’auteur pour la République ne manquent pas d’intriguer. Comme un trait d’union. Ce qui rapproche le ciel et la terre. Très exactement ce que parvient à réaliser cet échafaudage qu’il faudra démonter dans le courant de 2016. Et le plus vite sera le mieux même si la réouverture de la salle signifiera l’éloignement du plafond et de l’œuvre de Benjamin Constant.

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