Revue de presse sur Kein Licht

15 Octobre 2017

En attendant Kein Licht...

Quand il regarde ou écoute un extrait d’une œuvre, quand il lit une critique sur un spectacle, le futur spectateur cherche avant tout à savoir où il va mettre les pieds. C’est une couleur, une atmosphère qu’il attrape, davantage qu’une appréciation plus ou moins bienveillante.  Quand il lit une critique sur un spectacle, celui qui l’a commandé, le producteur donc, cherche d’abord à cerner si le projet a été perçu. Bien entendu que la « bonne critique » sera mieux accueillie que la mauvaise, mais c’est d’abord l’intégrité du projet artistique qui sera considérée. Ses ressorts intrinsèques. La volonté des artistes.

De ce point vue, Kein Licht est déjà une réussite.  Après la Ruhrtriennale de Duisbourg et le festival Musica à Strasbourg où elle aura été jouée dix fois, cette commande l’Opéra-Comique a été parfaitement comprise par les journalistes. Il y a ceux qui aiment et ceux qui détestent et puis il y a tous les autres comme autant de notes sur une partition, mais l’idée portée par le quatuor Jelinek, Manoury, Stemann et Leroy, respectivement auteure, compositeur, metteur en scène et chef d’orchestre, cette idée est passée. « Objet lyrique non identifié » titre Diapason, « Bazar d’actualité sans queue ni tête avec une mise en scène surchargée et brouillonne » fulmine La Croix, « admirablement dirigés par un Julien Leroy qui se fait complice d’un spectacle centrifuge, les seize musiciens et le quatuor vocal déploient un panel de gestes et de tournures avec une musique qui refuse le surplace et se projette dans toutes les dimensions » juge la Newsletter du Wanderer, « Il y a des bruits étranges conçus en live par les ordinateurs de l’IRCAM » constate le Nouvel Obs pour qui « l’ensemble mis en scène par Nicolas Stemann est une sorte de performance agaçante et fascinante, boursouflée et délicate », « œuvre très expérimentale » résume le Figaro.

Et oui, Kein Licht c’est tout çà et beaucoup d’autres choses.

Ainsi quand il est à Duisbourg, Emmanuel Dupuy pour Diapason rapporte ce qu’il a vu : «  Par deux fois, Manoury prend lui-même la parole, pour expliquer la philosophie du projet artistique, ou méditer sur le rôle de la technologie dans nos vies et dans sa musique - chacun appréciera le didactisme de ces interventions : « c'est obscur, parce que la réalité est obscure. » Et plus loin :  « Il n'y a donc pas à proprement parler de personnage, pas de véritable action dramatique. Mais alors, y a-t-il théâtre ? Le spectacle de Nicolas Stemann se résume plutôt à une mise en espace sophistiquée, faisant se croiser comédiens et chanteurs sur un plateau quasi nu, au fond duquel sont installés les douze musiciens de l'ensemble Lucilin (dirigés d'une main de fer par Julien Leroy). » Ce que reprend Damien Dutilleul  dans Olyrix : « Pendant deux heures ininterrompues, l’œuvre bombarde le public de sons, d’informations, d’effets visuels et lumineux, de vidéos projetées sur un grand écran en fond de scène, mais aussi de part et d’autre de la scène ainsi qu’au plafond. Kein Licht, que Manoury qualifie de Thinkspiel (en référence au Singspiel, genre allemand mêlant passages parlés et passages chantés) pose de nombreuses et légitimes questions relatives au nucléaire, sans jamais se risquer

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